A Francfort, des constructeurs chinois en quête de reconnaissance

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Alors que des habitués comme Peugeot ou Fiat sont absents, plusieurs constructeurs de Chine continentale ou de Taïwan participent au salon de l’automobile de Francfort (IAA), avec des visées européennes et un grand désir de notoriété.

A deux pas des stands de Maserati et de Ferrari, Thunder Power a décidé de revenir dans la capitale financière allemande, où l’IAA ouvre ses portes samedi et jusqu’au 24 septembre. Lors de la précédente édition du salon en 2015, ce constructeur taïwanais spécialisé dans les voitures électriques avait créé la surprise avec un concept-car de berline au gabarit proche d’une Tesla Model S, dotée d’une autonomie de 650 kilomètres.

Cette fois, ses intentions se font plus précises. Thunder Power, qui possède une usine en Chine, entend commercialiser cette berline en 2019, puis en 2020 un 4×4 urbain haut de gamme 100% électrique, dévoilé sur le salon. Il devrait alors avoir terminé la construction d’une usine en Catalogne. Son objectif est de vendre «40.000 unités par an en Europe», en commençant par les marchés allemand et britannique, a confié, sûr de lui, son patron Wellen Sham.

Pas les moins chers

Dans un autre hall du salon, Borgward, marque allemande ressuscitée en 2015 par le fabricant chinois de camions Beiqi Foton après avoir disparu plus de 50 ans, expose ses nouveautés sur un stand plus imposant que lors de la précédente édition. «Nous arriverons cette année en Europe», promet son chef, Ulrich Walker.

Le constructeur compte d’abord commercialiser en Allemagne un petit contingent de son SUV baptisé BX7, autour de 45.000 euros l’unité, avant de proposer plusieurs modèles à l’ensemble du marché européen. Jouant volontiers sur la nostalgie, Borgward a dévoilé un prototype de coupé sportif, Isabella Concept, en souvenir de l’emblématique voiture des années 1950.

Déjà actif en Chine, le sino-allemand va commencer la construction d’une usine d’assemblage à Brême, dans le nord de l’Allemagne, en 2018 pour une production à partir de 2019 qui lui permettra de proposer des véhicules électriques en Europe.

Nouveau venu sur le salon, WEY a lui présenté une série de SUV disponibles en essence et hybride ainsi qu’un prototype (XEV) de 4×4 citadin aux lignes futuristes, équipé de grandes portes papillon et dépourvu de calandre. Cette marque de SUV premium, récemment lancée par le groupe chinois Great Wall, n’a pas fait d’annonce concernant une hypothétique arrivée en Europe.

Enfin le petit constructeur Chery, déjà actif à l’international, a fait ses débuts à l’IAA avec un prototype (Exeed Tx) préfigurant un 4×4 urbain destiné au marché européen en versions hybride, hybride rechargeable et électrique.

«Nous avons la ferme intention de venir en Europe mais il est encore trop tôt pour évoquer les détails», explique son patron Anning Chen, précisant seulement que «ce ne sera pas la voiture la moins chère du marché».

Label

La présence plus marquée des constructeurs chinois sur le salon de Francfort, grand-messe européenne du secteur organisée tous les deux ans en alternance avec le Mondial de l’automobile de Paris, n’a rien d’anodin.

«Comme les Japonais puis les Coréens dans le passé, les constructeurs chinois veulent montrer qu’ils peuvent avoir du succès en Europe. Cela fait office de label, de test pour aller aussi sur d’autres marchés hors d’Europe», souligne le patron de Borgward.

Montrer qu’ils sont internationaux les aide aussi à s’imposer chez eux face aux autres marques chinoises, relève Laurent Petizon, responsable de l’expertise automobile AlixPartners, pour qui «l’objectif n’est pas d’envahir le marché européen, pas pour l’instant».

D’ailleurs, ceux qui annoncent une arrivée sur le Vieux continent ne comptent pas parmi les grands noms de l’industrie automobile chinoise.

Reste que leurs chances de percée en Europe, marché mature et très concurrentiel, ont augmenté depuis l’époque où ils avaient essuyé un échec cinglant, il y a quelques années.

«Le design et la qualité sont désormais du niveau de ceux des constructeurs généralistes européens comme Renault, Opel, Volkswagen», estime Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche CAR.

Par ailleurs, beaucoup misent sur une alternative à l’offre existante en proposant des SUV électriques, une «bonne stratégie» selon l’expert.

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l'info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.