Aléna: difficiles négociations lors du 5e cycle de discussions à Mexico

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Les représentants des Etats-Unis, du Canada et du Mexique ont achevé mardi à Mexico le cinquième cycle de renégociation du l’accord commercial Aléna, dans un climat tendu, à la suite du rejet de certaines propositions américaines par ses partenaires.

«Nous avons fait certains progrès pour la modernisation de l’Aléna, mais je reste préoccupé par le manque d’avancées», a commenté Robert Lighthizer, le représentant du Commerce des États-Unis dans un communiqué diffusé au terme des discussions.

«Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de preuves que le Canada et le Mexique sont disposés à s’engager sérieusement sur des mesures permettant de rééquilibrer l’accord», a-t-il ajouté.

«En l’absence de rééquilibrage, il n’y aura pas de résultat satisfaisant» prévient le négociateur, tout en espérant que, lors du prochain cycle de négociations prévu en janvier, «ses partenaires viendront à la table des négociations de façon sérieuse afin de rendre possibles des progrès notables d’ici la fin d’année».

De leur côté, les autorités mexicaines ont estimé dans un communiqué que «les négociateurs avaient tenté d’avancer le plus possible, avec l’objectif de réduire les différends et trouver des solutions».

Les discussions ont notamment porté aujourd’hui «sur la règle d’origine et le chapitre agricole» a précisé Kenneth Smith, le chef négociateur technique mexicain, et hôte des discussions.

M. Smith a reconnu que certains sujets difficiles n’ont pas pu être résolus et «devront être abordés lors des réunions suivantes». Se référant aux règles d’origine pour l’industrie automobile, il existe «certains concepts qui sont inacceptables», a par exemple estimé le négociateur mexicain.

L’accord actuel spécifie qu’au moins 62,5% des composants d’un véhicule doivent être fabriqués dans l’un des trois pays signataires de l’Aléna pour que celui-ci ne soit pas frappé par des tarifs aux douanes.

L’administration Trump propose d’élever ce montant minimum à 85% et exige que 50% des pièces soient d’origine américaine, une proposition rejetée aussi bien par le Mexique que le Canada.

«Nous devons l’analyser dans sa totalité et comprendre comment les Etats-Unis sont arrivés à un tel chiffre avant de pouvoir formuler une quelconque contre-proposition», a-t-il cependant nuancé.

Parallèlement, les négociateurs ont cherché, selon Kenneth Smith, à avancer sur des sujets où il existe moins d’opposition et qui sont importants pour la modernisation de cet accord, qualifié de «désastre» par le président américain Donald Trump.

Face au risque d’un retrait américain de l’Aléna, le Mexique, qui exporte environ 80% de ses produits vers les Etats-Unis, cherche depuis plusieurs mois à diversifier ses partenaires.

Aux Etats-Unis, le monde des affaires s’est quant à lui mobilisé pour convaincre l’administration Trump, notamment à l’aide de spots publicitaires, que cet accord de libre-échange a largement profité en 23 ans à la première économie mondiale.

Un sixième cycle est prévu du 23 au 28 janvier 2018 à Montréal, au Canada. Il sera précédé mi-décembre par des réunions techniques à Washington.

mm

Rédacteur en chef du site Repha.fr spécialiste de l’économie, il est passionné par l’économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l’économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.