Alibaba, leader chinois de la vente en ligne, relève ses prévisions

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Alibaba, numéro un chinois de la vente en ligne, a relevé jeudi ses prévisions annuelles, après un trimestre «exceptionnel» où il a vu son bénéfice net bondir de 132%, à la faveur d’une robuste croissance des transactions sur ses plateformes.

Au deuxième trimestre de son exercice 2017/18 (juillet-septembre), le géant du web chinois, coté à New York, a enregistré un bénéfice net part du groupe de 17,7 milliards de yuans (2,66 milliards de dollars), bien meilleur qu’attendu par le marché.

Le groupe fondé par l’emblématique milliardaire Jack Ma a vu son chiffre d’affaires s’envoler de 61%, à 55,1 milliards de yuans (8,3 milliards de dollars), dépassant de loin la prévision des analystes sondés par Bloomberg News (52 milliards de yuans).

Fort de ces performances, et anticipant les gains apportés par la consolidation de sa filiale logistique Cainiao, Alibaba a relevé ses prévisions annuelles: pour l’ensemble de l’exercice, il table désormais sur un chiffre d’affaires en hausse de 49% à 53% (contre une progression de 45%-49% précédemment).

Ce «trimestre exceptionnel» témoigne de «la robuste dynamique du coeur de notre activité», s’est réjouie la directrice financière Maggie Wu, citée dans le communiqué.

Le groupe met en avant ses innovations destinées à mieux cibler les options d’achats pour ses usagers, et il se prépare à enregistrer de nouveau ce 11 novembre, pour sa journée annuelle de soldes monstres, un volume ahurissant de transactions.

Intelligence artificielle

Si Alibaba a diversifié ses activités, il tire toujours l’écrasante majorité de ses revenus (84%) de ses plateformes d’e-commerce: ses ventes au détail en Chine ont généré des revenus trimestriels de 5,95 milliards de dollars (+64% sur un an), dopés par l’essor continu des transactions mobiles.

Le groupe de Hangzhou (est) comptait fin septembre quelque 549 millions d’usagers mensuels actifs se connectant via smartphone ou tablette (+22% sur un an), et sa plateforme Taobao continuer d’écraser les échanges entre particuliers sur l’internet chinois.

Conséquence, le résultat trimestriel ajusté par action s’est établi à 8,57 yuans (1,29 dollar), très au-delà des 6,90 yuans qu’anticipaient les analystes.

Le titre d’Alibaba prenait 1,17% dans les premiers échanges à Wall Street jeudi. Il a bondi de 110% depuis le début de l’année.

Le groupe mise désormais ouvertement sur l’innovation tous azimuts pour résister à l’essor de plateformes rivales, tout en réinventant les modèles commerciaux traditionnels.

Le groupe veut ainsi investir 13 milliards d’euros en trois ans dans la recherche, notamment sur les technologies d’intelligence artificielle –cruciales pour perfectionner ses algorithmes basés sur le comportement des clients. Un moyen de personnaliser ses offres, et de muscler ainsi ventes et recettes publicitaires.

«Alibaba se débrouille très bien pour monétiser sa puissance publicitaire (…) Sa capacité à tirer des recettes de ses applications mobiles s’est nettement améliorée», souligne Steven Zhu, analyste du cabinet Pacific Epoch, cité par Bloomberg.

Commerce en dur

Dans le même temps, Alibaba poursuit son développement sur l’informatique dématérialisée («cloud»), activité où il a doublé ses revenus au 2e trimestre. De leur côté, les recettes générées par les contenus numériques et de divertissement –avec la plateforme de vidéo Youku– ont progressé de 33%.

Enfin, le géant du web prône des interactions plus étroites entre vente en ligne et commerce traditionnel. «Nous voyons les premiers résultats de nos efforts pour intégrer vente en ligne et hors-ligne», assure le directeur général Daniel Zhang.

A l’image du rachat par son alter-ego américain Amazon de la chaîne d’alimentation Whole Foods, Alibaba enchaîne les rapprochements avec des chaînes de magasins en dur, du spécialiste de l’électroménager Suning au géant de la distribution Shanghai Bailian.

Sa dernière «expérience» en date est le lancement des supérettes super-connectées Hema: fin septembre, une vingtaine étaient déjà ouvertes.

De façon générale, Alibaba entend transformer la façon dont les magasins en dur gèrent leurs stocks en évaluant mieux les fluctuations de la demande, à partir des données collectées en ligne… tout en s’appuyant sur ces points de vente physiques pour diversifier les services proposés et doper encore davantage les commandes en ligne.

Une perspective qui l’a poussé à reprendre en septembre le plein contrôle de sa filière logistique Cainiao et à s’engager à investir massivement pour étoffer et améliorer ses réseaux de livraison dans le pays.

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Rédacteur en chef du site Repha.fr spécialiste de l’économie, il est passionné par l’économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l’économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.