Comment le Brexit va faire exploser le prix du « breakfast »

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Si les Britanniques quittaient l’Union européenne sans parvenir à un accord commercial, ils seraient contraints d’appliquer par défaut les réglementations douanières de l’OMC. Ils se verraient ainsi imposer les tarifs douaniers extérieurs de l’UE. Automatiquement, le prix de tous les produits importés augmenterait. De quoi faire exploser le prix du célèbre petit déjeuner britannique, d’après les calculs du cabinet KPMG.

Son prix total pour une famille s’élèverait à 26,51 livres sterling pour une famille, contre 23,59 livres sterling aujourd’hui, soit une hausse de 12,8 %. Les calculs ont été réalisés sur les prix d’ingrédients de milieu de gamme en grande surface et prennent en compte la majoration des prix pratiquée par le supermarché. Celui d’un litre d’huile d’olive italienne passerait de 3,60 à 4,68 livres sterling (+ 30 %), le prix de 300 grammes de bacon danois s’établirait à 2,18, contre 2 livres sterling actuellement (+ 9 %) et une plaquette de 500 grammes de beurre français verrait le sien augmenter de 25 % à 4,08 livres sterling. Au total, sur les 14 produits qui entrent dans la composition du « breakfast » défini par KPMG, 11 seraient importés (le lait, les œufs et le pain frais sont les exceptions).

Inflation

Cette augmentation de 12,8 % ne reflète que l’impact direct de l’établissement des tarifs douaniers extérieurs de l’UE. L’addition pourrait être bien plus salée, car, comme l’explique KPMG, c’est sans compter sur l’effet probablement négatif qu’aura le Brexit sur la monnaie britannique. En plus, les autres indicateurs économiques ne sont pas plus favorables aux finances des ménages britanniques. La livre sterling a déjà reculé de 13 % depuis le référendum de juin 2016 et s’échange désormais à 1,29 dollar. Conséquence directe : l’inflation augmente rapidement. Elle s’établissait à 0,3 % en mai 2016 et a déjà atteint 2,9 % un an plus tard. Avec, en parallèle, une hausse très faible des salaires qui pèsera nécessairement sur la demande et, in fine, sur la croissance.

« Les ménages britanniques sont habitués à avoir des produits de saison toute l’année et gavés aux promotions depuis un certain temps », explique Paul Martin, directeur du commerce chez KPMG, dans les conclusions de son étude. « C’est probablement terminé maintenant que les supermarchés font face à une érosion de leurs marges à cause de la hausse des prix. »

« Perdant-perdant »

La stratégie d’un divorce radical avec l’Union européenne, voulue par la Première ministre Theresa May, semble périlleuse : le pouvoir d’achat des sujets de la Couronne en serait considérablement affaibli, à en croire l’étude de KPMG.

Le 6 juillet, Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, a mis en garde les Britanniques lors d’une intervention devant le Comité économique et social européen (Cese) : « Le no deal aggraverait la situation perdant-perdant qui résulte nécessairement du Brexit. Et le Royaume-Uni aurait encore plus à perdre que ses partenaires ». D’autant que les entreprises en subiraient autant les conséquences que les ménages, via, notamment, des formalités administratives aux frontières qui leur seraient dommageables.

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Rédacteur en chef du site Repha.fr spécialiste de l'économie, il est passionné par l'économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l'économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.