Daimler: un bon 2e trimestre occulté par les scandales

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Le champion mondial de la voiture haut de gamme Daimler a présenté mercredi un bilan financier solide pour le deuxième trimestre, mais relégué au second plan par le scandale du diesel et des soupçons de cartel.

Sur ces deux sujets sensibles, le groupe de Stuttgart (sud-ouest) continue de se taire.

Les révélations du Spiegel il y a quelques jours sont pourtant potentiellement explosives. L’hebdomadaire affirme que les constructeurs allemands auraient tenu pendant plus de 20 ans des réunions secrètes pour s’accorder sur nombre d’aspects techniques de leurs voitures, notamment sur le système de filtration des émissions polluantes, lésant ainsi possiblement consommateurs et sous-traitants.

Daimler martèle ne «pas commenter par principe les spéculations». Sur le thème d’une possible manipulation des émissions polluantes de ses voitures diesel, qui a surgi dans le sillage du scandale chez Volkswagen en 2015, le fabricant des Mercedes-Benz s’en tient à une communication a minima pour, selon lui, ne pas gêner les investigations en cours en Allemagne et aux Etats-Unis.

Ce silence assourdissant, imité par d’autres constructeurs, met le groupe dans une situation difficile. «L’industrie automobile fait effectivement les gros titres, et ils sont mauvais», a reconnu son patron Dieter Zetsche lors d’une conférence de presse téléphonique mercredi. «Je sais que beaucoup de gens souhaitent plus de clarté dès maintenant (…) mais nous sommes bien avisés de ne pas prendre part aux spéculations», a-t-il estimé.

Défense du diesel

Les récentes informations de presse sur une vaste entente dans l’industrie automobile allemande, à la fois symbole du «made in Germany» et l’un des plus grands employeurs du pays, ont éclipsé la présentation des résultats trimestriels de Daimler, plutôt de bonne facture.

A 10H22 GMT à la Bourse de Francfort, son titre reculait de 0,64% à 60,67 euros dans un marché en hausse.

D’avril à juin, le fabricant des Mercedes-Benz a généré un bénéfice net de 2,44 milliards d’euros, en légère hausse sur un an mais inférieur aux attentes des analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset (2,61 milliards d’euros).

Grâce à des ventes records, son chiffre d’affaires a atteint 41,2 milliards d’euros, en hausse de 7% sur un an, tiré à la fois par les voitures Mercedes-Benz et Smart (+9% à près de 600.000 unités), les camions et les bus.

A l’échelon opérationnel, le résultat (Ebit) a bondi de 15% à 3,75 milliards d’euros, en dépit des investissements importants du groupe dans l’électrique.

Pour 2017, Daimler vise toujours une nette hausse de son chiffre d’affaires et de son bénéfice opérationnel (Ebit).

Interrogé sur l’avenir des voitures roulant au gazole, M. Zetsche a une nouvelle fois plaidé pour cette technologie. «Cela vaut le coup de se battre pour le diesel», a-t-il assuré.

Les constructeurs, notamment allemands, doivent limiter les émissions de CO2 de leurs flottes pour se conformer à des réglementations européennes de plus en plus strictes et misent pour cela à court terme sur le diesel, qui génère moins de CO2 mais généralement plus d’émissions d’oxyde d’azote (NOx).

En Allemagne, plusieurs grandes villes menacent d’imposer des interdictions temporaires de circulation des voitures diesel lors de pics de pollution aux NOx. Une perspective que les grands noms de l’automobile cherchent à éviter à tout prix.

Un sommet entre pouvoirs publics et constructeurs, prévu le 2 août à Berlin, doit permettre de parvenir à des mesures concrètes alors que les véhicules diesel constituent un tiers du parc automobile allemand.

Plusieurs constructeurs ont pris les devants, dont Daimler qui veut rappeler 3 millions de véhicules diesel Mercedes-Benz en Europe pour actualiser un logiciel et abaisser ainsi leurs émissions polluantes.

Cette mesure gratuite pour les clients se traduira par une charge de 220 millions d’euros environ sur les comptes de Daimler au troisième trimestre.

Le constructeur dit ne pas enregistrer de chute de ses ventes de voitures diesel, comme celle constatée sur le marché allemand, mais une baisse de la part du diesel dans ses ventes mondiales.

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Rédacteur en chef du site Repha.fr spécialiste de l'économie, il est passionné par l'économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l'économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.