Elections au Royaume-Uni: Brexit, immigration, santé, les grands enjeux

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Les Britanniques votent jeudi lors d’élections législatives anticipées provoquées par la Première ministre conservatrice Theresa May avec l’espoir de renforcer sa position dans les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Outre le Brexit et l’immigration, les thèmes de la santé, de la protection sociale et de la sécurité se sont imposés dans le débat, alors que le pays a été victime de trois attaques terroristes en moins de trois mois.

Le Brexit, passé au second plan

C’est le dossier qui a motivé le déclenchement du scrutin. Mme May a indiqué vouloir un mandat clair pour négocier avec le bloc des 27 un Brexit sans concession, soulignant que «pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord». Elle souhaite lier l’élaboration d’un accord post-Brexit aux négociations de sortie proprement dites, ce que Bruxelles exclut.

Mais en pratique, le débat a davantage porté sur les personnalités de Mme May et de son principal adversaire, le travailliste Jeremy Corbyn, que sur les modalités du Brexit lui-même.

M. Corbyn a assuré qu’il acceptait le «verdict du peuple» en faveur de la sortie de l’UE. Il a cependant souligné ne pas vouloir engager de rapport de force avec Bruxelles, considérant, à l’inverse de Mme May, qu’«une absence d’accord est le pire des accords».

Seuls les centristes europhiles du parti Libéral-démocrate ont focalisé leur campagne sur le sujet en promettant un référendum sur le résultat des négociations de sortie avec l’UE, de façon à permettre aux électeurs de pouvoir le cas échéant «voter pour rester». Ce parti n’a cependant pas semblé à même de fédérer les électeurs qui s’étaient prononcés contre le Brexit.

Le Parti national écossais (SNP), hostile au Brexit, a quant à lui demandé à ce que l’Ecosse bénéficie d’une place à la table des négociations avec Bruxelles et envisage un référendum d’indépendance et de maintien dans l’UE à l’issue du processus.

La sécurité, sujet brûlant

L’attentat de Manchester le 22 mai, suivi de celui de Londres samedi, a imposé la sécurité parmi les thèmes de campagne. L’opposition reproche à Mme May d’avoir réduit de 14% les effectifs de police alors qu’elle était ministre de l’Intérieur (2010-2016), Ukip allant jusqu’à l’accuser d’être «en partie responsable» de l’attentat de Manchester.

Alors que les Travaillistes promettent la création de 10.000 postes de policiers et un renforcement général des forces de l’ordre, Mme May a assuré que les moyens de la lutte antiterroriste seraient sanctuarisés, tout en accusant M. Corbyn, un pacifiste affiché, de manquer de crédibilité dans ce dossier. La dirigeante conservatrice a par ailleurs promis de renforcer une nouvelle fois la législation antiterroriste.

Santé et aides sociales chahutées

Fierté britannique depuis 1948, le service public de santé (NHS), qui emploie 1,5 million de salariés, enchaîne les crises, chaque hiver plus grave, et est présenté comme étant «au bord de la rupture» par les médecins et organisations hospitalières.

Les Travaillistes ont fait de la défense de joyau national l’un de leurs principaux chevaux de bataille, promettant d’augmenter de 30 milliards de livres (34,5 milliards d’euros) sur cinq ans les fonds attribués au NHS, et d’un milliard de livres (1,15 milliard d’euros) les dépenses sociales la première année.

Accusés par l’opposition d’avoir favorisé le délabrement du NHS, les Conservateurs ont annoncé une augmentation de 8 milliards de livres (9,2 milliards d’euros) sur cinq ans des fonds qui lui sont alloués.

Mais Mme May s’est pris les pieds dans le tapis en proposant une réforme des aides sociales aux personnes âgées qui obligerait les plus aisés à se défaire d’une partie de leur patrimoine. Elle a dû réduire en catastrophe la portée de la mesure face au tollé provoqué et une brutale chute dans les sondages.

L’immigration, à quelle dose ?

La thématique de l’immigration est directement liée à celle du Brexit. Opposée à la libre-circulation des personnes avec les pays de l’UE, Mme May veut «contrôler et réduire l’immigration» pour ramener le solde migratoire de 270.000 entrées actuellement à «quelques dizaines de milliers».

M. Corbyn s’est dit en faveur d’une «immigration contrôlée». Il a toutefois tenu à rappeler «la contribution énorme des travailleurs immigrés» à l’économie britannique, notamment dans la santé et les transports.

Favorables à la libre-circulation, les Lib-Dems plaident pour le maintien d’un régime libéral en matière d’immigration. Certains milieux économiques redoutent une pénurie de main d’oeuvre en cas de restrictions.

Le parti europhobe et anti-immigration Ukip, partisan d’un Brexit dur, souhaite réduire le solde migratoire à zéro d’ici cinq ans.

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Professeur de français, je suis également rédactrice pour Repha.fr. J’écris principalement pour la partie Immobilier qui m’intéresse particulièrement, mais il m’arrive aussi de poster sur d’autres sujets au gré de mes envies.