Emmanuel Macron demande plus d’investissements à l’Allemagne

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Dans un entretien à « Ouest France », le chef de l’Etat envoie plusieurs messages à l’Allemagne, tout en détaillant son programme de réformes en France.

Après l’interview d’Edouard Philippe dans « Les Echos » le 11 juillet , c’est au tour d’Emmanuel Macron de s’exprimer dans une interview à « Ouest France » et aux 12 quotidiens régionaux allemands du groupe Funke. Interrogé alors que son premier conseil franco-allemand avec Angela Merkel se tient ce jeudi, le président français en profite pour laisser passer quelques messages à l’Allemagne. Emmanuel Macron estime ainsi que l’Allemagne devait relancer ses investissements publics, tout en affirmant n’avoir « pas de leçon à donner ». Reprenant à son compte une recommandation formulée par de nombreux organismes internationaux, dont le Fonds monétaire international.

Le chef de l’Etat décrit également la compétitivité allemande comme une faiblesse de ses voisins. « Une partie de la compétitivité allemande est due aux dysfonctionnements de la zone euro, à la faiblesse d’autres économies », analyse-t-il, actant également l’existence d’une Europe à plusieurs vitesses. « Il faudra à un moment des changements de traités, parce que cette Europe est incomplète », affirme-t-il.

« Maintenir le rythme » des réformes

Le président indique par ailleurs qu’il veut « maintenir le rythme » des réformes pour « conforter la confiance des Français et des investisseurs ».

« Les gens veulent voir les engagements pris respectés. Il faut donner des signaux clairs dès le début », explique le chef de l’Etat. Emmanuel Macron a arbitré dimanche pour la mise en oeuvre dès 2018 d’une bonne partie des baisses d’impôts promises dans son programme, au lieu de 2019 comme annoncé initialement par son Premier ministre, Edouard Philippe.

Une réforme des retraites dès début 2018

Emmanuel Macron précise également l’ambitieux calendrier des réformes qu’il vise pour 2018. Après la loi travail cet été , il veut que la « réforme de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle » soit « négociée à l’automne-hiver, avec une loi d’ici à début 2018 ».

Viendra ensuite « la réforme des retraites, dont les orientations seront présentées au Parlement au premier semestre 2018 » pour passer des 37 régimes actuels à « un régime beaucoup plus fort et stable ». Il promet aussi une réforme de l’éducation pour qu’elle soit « mieux adaptée aux besoins ».

La feuille de route précisée « dans les prochains jours »

Le président de la République confirme aussi pour 2018 la réforme de l’ISF et la mise en place d’un taux unique de 30% de prélèvement pour les revenus de l’épargne, ainsi que le début de la baisse de l’impôt sur les sociétés. Sans oublier, toujours l’an prochain, le basculement des cotisations sociales, salariales et patronales, maladie et chômage vers la CSG, qui sera augmentée.

Quant aux économies budgétaires parallèles, « j’ai décidé qu’on n’attendrait pas » et « le Premier ministre va préciser la feuille de route dans les prochains jours », ajoute-t-il, rappelant son ambition de « baisser la dépense publique de plus de trois points de PIB » durant le quinquennat.

Vers une taxe sur les transactions financières « intraday »

Enfin, il justifie son renoncement à étendre la taxe sur les transactions financières (TTF) aux transactions « intraday » (au jour le jour), projet selon lui irréaliste s’il n’est appliqué qu’en France.

« La taxe française a été votée par la majorité précédente, de manière démagogique s’agissant des transactions intraday en sachant que c’était infaisable. Si vous la faites seul, il n’y a plus de transactions chez vous ! Il n’y a plus une entreprise française cotée en France ! », lance-t-il.

Il réclame sur ce sujet « une articulation avec l’accès des Britanniques à nos marchés financiers dans le cadre du Brexit » car « sinon, si toutes vos entreprises peuvent aller opérer depuis Londres, qui se lancera dans le dumping fiscal, avec les mêmes droits qu’à Paris ou à Francfort, elles vont toutes partir ». « Je veux la TTF. Je veux une TTF qui s’applique dans un espace cohérent, qui ait un sens et qui soit efficace », conclut-il.

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d’actualités Repha.fr notamment dans les rubriques économie et finance.