Le numéro deux, printemps (septembre) 2010.

Sur cette page vous trouverez:

- couverture du numéro,

- (NEW!) Le numéro en entier et en libre accès, (REPHA N2 Sept 2010) !

- (NEW!) Les articles en libre accès,

- les (certains) résumés des articles,

- les informations concernant les auteurs (NB: les informations au moment de la publication des articles),

- l’éditorial du numéro.

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Numéro 2

Le numéro 1 en entier et en libre accès

NEW! Le numéro 2 est accessible en entier (format .pdf) et en libre accès. Vous pouvez le télécharger ici:

REPHA N2 Sept 2010

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Les articles et les auteurs

ÉDITORIAL

L’article accessible en format .pdf: Numero2Edito

VITALISME ET PHILOSOPHIE DE LA BIOLOGIE

Jean Gayon

AUTEUR: Université Paris 1-Panthéon Sorbonne
Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques
(UMR 8590 CNRS/Paris 1/ENS)

L’article accessible en format .pdf: vitalisme_Numero2

LA THÈSE DE TURING PHYSIQUE ET L’INFORMATIQUE QUANTIQUE

Florent FRANCHETTE

AUTEUR: M2 Paris I

RÉSUMÉ: Selon la thèse de Turing, tout ce qui est calculable par une procédure effective (notion intuitive) est calculable par une Machine de Turing (notion formelle). La thèse de Turing physique affirme quant à elle que tout ce qui peut être calculé par un système matériel est calculable par une Machine de Turing. Etant donnée sa nature d’énoncé universel, il ne suffit pas pour prouver cette thèse, de montrer que tout ce qui est calculable par nos systèmes matériels actuels est aussi calculable par une Machine de Turing. En revanche, la thèse de Turing physique serait falsifiée si l’on proposait un mécanisme de calcul qui résoudrait un problème qui ne serait pas décidable par une Machine de Turing. Nous essaierons de répondre dans cet article à la question suivante : pourquoi les récents résultats en informatique quantique apportent de nouvelles perspectives quant à la validité de la thèse de Turing physique?

FAUT-IL RENONCER À LA NOTION D’« INNÉ » ?

Valentine Reynaud
AUTEUR: Doctorante, Lyon III

RÉSUMÉ: Avec le développement des sciences cognitives et de la psychologie du développement, la notion d’ « inné » a fait l’objet d’un regain d’intérêt. Pourtant, il n’existe aucun consensus sur ce que pourrait être une définition satisfaisante de l’innéité.  Parce que la variété des choses à laquelle le concept d’ « inné » s’applique est trop importante1, sa signification reste difficile à saisir. Le sens commun en véhiculant de fausses dichotomies est à l’origine de cette confusion.

L’ÉTRANGETÉ DÉLIRANTE : LA PHILOSOPHIE À L’ÉPREUVE DE LA PSYCHOPATHOLOGIE CLINIQUE

Sarah TROUBÉ

AUTEUR: Élève à l’ENS

LES ÉPOUVANTAILS TRANSPARENTS N’EXISTENT PAS: Note pour une philosophie expérimentale à la française

Xavier KIEFT
AUTEUR: Enseignant à Paris Sorbonne

QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE ?

Joshua KNOBE

L’aarticle accessible en format .pdf: Laphilosophie_experimentale_Numero2

TRADUCTION par Raphaël VERCHÈRE et Luc-Etienne DE BOYER DES ROCHES de l’article « What is Experimental Philosophy? » de Joshua Knobe disponible en version originale sur Internet à l’adresse suivante : http://www.unc.edu/~knobe/ExperimentalPhilosophy.pdf

AUTEUR: Joshua Knobe est professeur assistant à l’Université Yale au département de philosophie et pour le cursus de sciences cognitives. Pionnier de la philosophie expérimentale, ses travaux s’attachent à aborder les problèmes philosophiques à l’aide de méthodes expérimentales empruntées aux sciences cognitives. Récemment, comme il en est discuté dans cet article, il montra que les intuitions que forment les gens au sujet de l’intentionnalité d’une action peuvent être biaisées par des considérations morales − effet de « l’effet secondaire », parfois aussi appelé « effet Knobe ».

RÉSUMÉ: Depuis les premiers jours de la philosophie analytique, une pratique commune a été d’en appeler aux intuitions pour des cas particuliers. De manière caractéristique, le philosophe présente une situation hypothétique, puis fait une supposition de la forme: «Dans ce cas, nous dirions sûrement que… ». Cette supposition concernant les intuitions des gens constitue une partie d’une démonstration relative à une théorie un peu plus générale sur la nature de nos concepts ou de notre usage du langage.

Un aspect déconcertant de cette pratique est qu’elle fait rarement l’usage de méthodes empiriques standard. Bien que des philosophes fassent assez fréquemment des suppositions concernant « ce que les gens diraient ordinairement », ils les fondent rarement en interrogeant réellement les gens et en cherchant à cerner des types dans leurs réponses. Cependant, ces dernières années, un certain nombre de philosophes ont essayé de confronter à des tests ces suppositions concernant les intuitions en utilisant des méthodes expérimentales afin de déterminer ce que pensent vraiment les gens au sujet de certaines hypothèses. Parfois, les résultats furent extrêmement surprenants.

Nous traiterons ici des applications de cette nouvelle méthodologie dans trois domaines de la philosophie : la philosophie du langage, la théorie de l’action et la querelle du libre arbitre.

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ÉDITORIAL

Vous tenez entre les mains le second numéro de RÉPHA. La revue a pour vocation, – est-il nécessaire de le rappeler ? – de publier des articles de philosophie analytique. Son objectif à long terme est de s’insérer dans le paysage philosophique francophone. Sa fierté est de respecter minutieusement les normes académiques de la publication (méthode de relecture en double aveugle, rapporteurs compétents, comité éditorial). Sa force est d’être orientée vers les jeunes chercheurs, les étudiants avancés, les post-doctorants, qu’ils se présentent comme auteurs ou comme lecteurs.

Les entreprises éditoriales, on le sait, connaissent de nombreuses difficultés pouvant concerner tout autant l’élaboration intellectuelle de leur projet (puisqu’il faut que tous les contributeurs se mettent en accord textuel) que son élaboration matérielle (allant de l’épreuve parfois difficile de la communication électronique à la conception graphique de la maquette en passant par toutes autres formes d’aléas qui disparaîtront dès la publication). Tout cela est encore plus vrai d’un jeune projet. Les méandres sont nombreux dans lesquels ces entreprises sinuent et contre lesquels elles doivent toujours lutter pour élargir leur horizon, faire connaître leurs aspirations, enfin et surtout, espérer s’implanter dans les esprits. Nous voudrions simplement réitérer notre volonté de permettre à tout auteur d’exprimer sa pensée dès lors qu’elle manifeste clarté et argumentation. Et le fait même que vous teniez en mains le second numéro est la preuve de notre détermination à surmonter les difficultés et d’arriver, même modestement, à faire de la philosophie. Nous sommes convaincus qu’une revue est le lieu par excellence du progrès de l’activité philosophique. Cette conviction est à son tour la raison qui motive l’existence de RÉPHA.

Nous souhaitons faire parler une certaine tradition d’origine anglo-saxonne. Mais la tradition n’est pas essentielle. Avant toutes choses, et en particulier, avant d’être anglo-saxonne, la langue source de la philosophie exposée dans RÉPHA est une langue dite « de recherche internationale », et même « langue scientifique de… ». Cette locution a son étrangeté et est critiquable quant au domaine qu’elle vise. D’une part, il est nécessaire qu’une langue visant la recherche manifeste une universalité car, autrement, les communications et les débats, si indispensables, seraient impossibles. C’est pourquoi il est requis d’une langue de recherche qu’elle transcende toute idiosyncrasie pour pouvoir énoncer des thèses, des arguments, des preuves, des lois, qui soient valables universellement. Mais, d’autre part, nous n’avons d’autre choix que de nous en remettre à une langue particulière : l’anglais, en l’état. Or, par définition, une langue comme l’anglais, vernaculaire, n’est pas universelle.
La volonté de RÉPHA est de montrer que la recherche, au moins en philosophie, ne tient pas à la singularité d’une langue naturelle quelconque, (anglaise, française, espagnole, italienne, allemande, etc.), mais plutôt à l’habilité des philosophes pour la manier à la seule fin de l’argumentation pertinente et tranchante. Il semble évident que la langue universelle en philosophie n’est pas une langue singulière, mais toute langue respectant la rigueur qu’exige la recherche philosophique. En cela, RÉPHA donne la possibilité de se conformer à ce que Pascal Engel a baptisé le « troisième commandement du philosophe analytique gallique »1.

1. « Tu n’écriras pas seulement en anglais, mais aussi en français, et pour tes collègues et étudiants, et tu ne citeras pas seulement des travaux en anglais dans tes écrits. » (“La philosophie analytique en France: un bilan institutionnel”, in Cahiers de philosophie de l‘université de Caen, Actes du 3ème colloque de la SOPHA, La normativité, PUC 2002.)

Aussi, avant de présenter l’ensemble des articles que nous publions dans ce numéro, signalons une nouveauté qui ravive et surtout précise encore la nature de la revue. L’avenir verra sans aucun doute de nouvelles traductions prendre place à côté de celle, inaugurale, de l’article de Joshua Knobe, « Qu’est-ce que la philosophie expérimentale ? ». En faisant écho à l’injonction de Xavier Kieft, dans la présentation de ce même article qui appelle de ses vœux une philosophie expérimentale à la française, il faudrait complètement se tourner vers une philosophie analytique à la française. Les premiers pas en ce sens sont sans doute ceux qui vont vers la lisibilité et la visibilité. La visibilité s’incarne : SOPHA, RÉPHA, Igitur, Institut Jean Nicod, IHPST, Archives Poincaré, etc. La lisibilité revient à la clarté, et cette dernière étant notre fer de lance, force est de reconnaître qu’une « philosophie de la clarté », qui définirait son objet de concert et sans fausses notes, n’est jamais qu’une affaire sans cesse recommencée.

Comme à notre habitude, désormais, l’article introducteur revient à un chercheur qui présente une discussion pertinente en lien avec la pratique de la philosophie analytique. M. Gayon (Paris I, IHPST), spécialiste de la philosophie de la biologie, a accepté de clôturer un cycle de réflexions initié avec l’année de Darwin. Conjoint à l’article de Florent Franchette (doctorant, Paris I) proposant une perspective programmatique pour la computation physique – qui pourrait prendre une implémentation quantique -, RÉPHA fait ainsi place à la philosophie des sciences qui était jusqu’ici absente.

Valentine Reynaud (doctorante, Lyon III) défend l’idée selon laquelle la notion d’inné peut conserver un usage scientifique si elle comprise de façon non équivoque par la psychologie du développement, et plus précisément, si elle est comprise comme modalité privilégiée de l’explication développementale d’un trait.

Sarah Troubé (ENS Ulm), en interrogeant l’ « épistémologie » propre aux délires, déplace l’argumentation habituellement empruntée par la philosophie cognitive et centre  l’objet de cette dernière sur un cas qu’on considère traditionnellement comme « cas -limite ».

Enfin, la traduction par Raphaël Verchère et Luc-Étienne de Boyer des Roches (Lyon III) d’un article de J. Knobe sur la philosophie expérimentale, et replacée dans son cadre par Xavier Kieft (Paris IV), illustre la diversité des contributions qui auront droit de cité dans la revue.
Sur ce, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture !

L’équipe RÉPHA

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