La fin des voitures diesel et essence, un défi de taille pour les constructeurs

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Mesure phare du plan climat présenté par Nicolas Hulot, ce jeudi, la fin de la commercialisation des voitures essence et diesel concerne d’abord les constructeurs.

C’est l’une des mesures phares du plan. La fin de la commercialisation des voitures essence et diesels d’ici 2040. « Cet objectif a déjà été pris, mais pour 2030, par le président indien Narendra Modi, a rappelé Nicolas Hulot, ce jeudi. C’est un objectif qui est lourd, mais les solutions sont là. »

Premiers concernés : les constructeurs. A commencer par les deux groupes français, Renault et PSA, qui devront adapter leurs productions. « Nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse, a-t-il d’ailleurs précisé. C’est un agenda de santé publique. »

Les deux intéressés veulent y voir un moyen de favoriser l’innovation. « Notre mutation technologique est déjà largement engagée, souligne-t-on chez PSA. L’an dernier, nous avons annoncé que 80% de notre offre sera électrifiée, à 100% ou en hybride, d’ici à 2023. » Dès 2019, l’ensemble des modèles du groupe sera construit uniquement à partir de deux plates-formes modulables, ce qui permettra une plus grande souplesse dans le choix des motorisations. « A cette même date, nous lancerons cinq nouveaux véhicules électriques, en plus des cinq déjà existants (NDLR : Ion, C-Zéro, Partner, Berlingo et e-Méhari), détaille encore la direction. Mais également sept hybrides, dont plusieurs rechargeables. »

Même discours chez Renault, qui met en avant là aussi les engagements déjà pris. « Quand le patron de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a annoncé sa stratégie électrique en 2008, le monde de l’automobile était assez perplexe, rappelle un porte-parole. Aujourd’hui, nous sommes le leadeur mondial de l’électrique avec plus de 425 000 voitures déjà vendues. La Renault Zoé domine 70 % du marché en France et en Europe. La Nissan Leaf s’est imposée dans le reste du monde. »

De son côté, l’équipementier français Valeo peut se frotter les mains. Une bonne partie de son activité aujourd’hui repose sur la fourniture de technologies associées aux motorisations électriques ou hybrides. « Dans les grands centres urbains, il ne fait aucun doute que la voiture sera électrique, autonome, connectée et partagée, estime Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation. Et certainement bien avant 2040. Pour nous, c’est donc forcément une bénédiction. »

La différence se fera donc bien sur l’innovation. Les constructeurs étrangers l’ont, eux aussi, bien compris. Certains, comme Toyota ou Volvo, ont déjà annoncé la fin des moteurs 100 % diesels ou essence. Le constructeur suédois a même fixé la date : 2019 au plus tard. Le japonais, de son côté, réalise déjà près de 60 % de ses ventes mondiales en hybride. Et même 99 % pour sa marque haut de gamme Lexus. Il ambitionne également d’imposer le moteur à hydrogène dans un futur proche.

D’autres se montrent méfiants à l’égard d’annonces qui n’engagent pas forcément grand-chose. « La vraie question, ce n’est pas où on sera en 2040, mais comment on y parvient, fait remarquer Lionel French-Keogh, le directeur général d’Hyundai France. Il faut donc fixer des étapes, sinon ça ne fonctionne pas. En commençant, par exemple, par mieux soutenir l’hybride rechargeable, qui peut représenter un très bon compromis au tout-électrique. » Autre jalon indispensable : le déploiement d’un vrai réseau de bornes de recharge. Là encore, ce sera aux pouvoirs publics d’ouvrir la route.

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l’info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.