Le FMI encourage la France à aller au bout des réformes

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L’institution salue les réformes « ambitieuses » engagées par Emmanuel Macron. Elle insiste sur la nécessité de réduire la dépense publique.

Le Fonds Monétaire International a affiché ce lundi un optimisme rare sur la stratégie économique de la France en ce début de quinquennat. Habituellement avare de compliments à l’égard de Paris (même si le pacte de responsabilité de François Hollande avait été applaudi), le FMI a salué dans son rapport annuel sur les politiques publiques françaises les réformes « ambitieuses » et « courageuses » annoncées par le gouvernement.

« Nous sommes impressionnés par l’énergie nouvelle et l’optimisme dégagés par nos interlocuteurs », a déclaré Christian Mumssen, directeur adjoint du département Europe du FMI, à l’issue de deux semaines de consultations auprès des cabinets ministériels et de responsables patronaux et syndicaux. « Le programme économique est ambitieux, complet et équilibré », a ajouté l’économiste.

Le premier satisfecit concerne l’objectif de réduction des dépenses publiques. Alors que le gouvernement vise désormais un effort de 80 milliards sur le quinquennat , le FMI juge « appropriée » la trajectoire visant un budget proche de l’équilibre en 2022. « La dépense publique est au coeur du problème des finances publiques françaises de longue date », rappelle son rapport. Quant à la capacité de la France à tenir cet objectif, Christian Mumssen se dit confiant. « Une baisse de la dépense à hauteur de 3 points de PIB nous paraît réaliste, même s’il s’agit d’un effort exceptionnel d’un point de vue historique, explique-t-il. Toutes les idées sont déjà sur la table. Pour qu’elles aient une chance d’être mises en oeuvre, le gouvernement doit agir rapidement et fixer la direction dans une loi pluri-annuelle. »

Des aides au logement « coûteuses et mal ciblées »

Parmi les sujets régulièrement évoqués figure les aides au logement, « coûteuses et mal ciblées ». Le précédent gouvernement avait bien tenté de les réformer mais la montagne avait accouché d’une souris. Le Fonds encourage en outre l’exécutif à maîtriser la masse salariale de la fonction publique, à regrouper les collectivités locales, ou encore à réduire les dépenses sociales : « De profondes réformes s’imposent à tous les niveaux des administrations publiques. »

Concernant les réformes fiscales annoncées par Emmanuel Macron, elles devraient « stimuler la création d’emplois ». Le FMI cite notamment la réduction des cotisations salariales, financées par une hausse de CSG , et la transformation du Cice en baisses de charges. Sans prendre parti dans la polémique sur le rythme des baisses d’impôts, Christian Mumssen reconnaît que faire les baisses de prélèvements dès 2018 (ISF, fiscalité du capital, impôt sur les sociétés, etc.) complique l’équation budgétaire du gouvernement. « D’un autre côté, cela accroît la nécessité de réduire la dépense publique en 2018. Et si vous baissez la dépense tout en maintenant le niveau de prélèvements, cela peut avoir un impact économique négatif », avertit l’économiste.

Le FMI soutient la réforme du marché du travail , jugée « vaste et ambitieuse ». Mais l’institution met surtout l’accent sur les réformes à venir de la formation professionnelle et de l’apprentissage , considérant que c’est un préalable pour mieux intégrer les jeunes et les peu qualifiées sur le marché du travail. Elle considère par ailleurs « vital » de maintenir la modération salariale, en limitant l’augmentation du salaire minimum à l’inflation.

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Professeur de français, je suis également rédactrice pour Repha.fr. J'écris principalement pour la partie Immobilier qui m'intéresse particulièrement, mais il m'arrive aussi de poster sur d'autres sujets au gré de mes envies.