GB: la croissance se raffermit timidement au deuxième trimestre

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La croissance du Royaume-Uni s’est un peu raffermie au deuxième trimestre après un net coup de frein en début d’année, mais l’économie devrait rester sous la menace de la poussée de l’inflation et des incertitudes sur le Brexit.

Selon une première estimation publiée mercredi par l’Office des statistiques nationales (ONS), le produit intérieur brut (PIB) du pays a progressé de 0,3% lors des trois mois d’avril à juin par rapport au trimestre précédent.

La croissance a retrouvé un peu de vigueur par rapport au premier trimestre où sa hausse avait été limitée à 0,2%, loin de la hausse de 0,7% enregistrée lors du quatrième trimestre de 2016.

L’économie britannique avait bien encaissé le choc du Brexit après le référendum de fin juin 2016, avant d’être rattrapée par un certain affaiblissement depuis plusieurs mois, certes loin d’être catastrophique mais qui était redouté par nombres d’économistes.

La croissance au deuxième trimestre, période marquée par les élections anticipées au Royaume-Uni et le lancement des négociations sur le Brexit, est parfaitement conforme aux attentes des économistes.

Le pays doit cette légère amélioration au dynamisme du puissant secteur des services, qui a progressé de 0,5%, grâce en particulier au secteur de la distribution ainsi qu’à celui de l’hôtellerie et de la restauration.

Ce chiffre laisse penser que la consommation des ménages, qui a été le moteur de la croissance en 2016, a résisté à la poussée actuelle de l’inflation nourrie par la faiblesse de la livre qui renchérit le coût des biens importés. Les prix progressent plus vite que les salaires depuis quelques mois, ce qui est de nature à comprimer le pouvoir d’achat des ménages.

Pour James Smith, économiste chez ING, il semble que si la consommation a tenu bon, c’est en grande partie en raison d’une météo favorable durant le printemps et d’une Pâques tardive cette année et donc comptabilisée dans le deuxième trimestre.

«Ces facteurs devraient être temporaires (en particulier le temps) et au moment où les salaires réels reculent, la pression sur les dépenses des ménages va s’intensifier», selon lui.

Cocktail d’incertitudes

En revanche, les autres grandes composantes de l’activité sont en moins bonne forme que les services. La production industrielle a reculé de 0,4%, en raison d’un net repli dans le secteur automobile et des matières premières, tandis que la construction a baissé de 0,9%.

Les économistes s’attendent à ce que l’économie britannique connaisse une fin d’année délicate, toujours aux prises avec la forte inflation et les incertitudes du Brexit. Sans compter le fait que l’ONS peut être amenée à réviser ses estimations dans les mois à venir.

Le Fonds monétaire international (FMI) est la dernière institution en date à avoir revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2017 pour le pays, désormais à 1,7% contre 2% selon sa précédente estimation.

«Le second semestre de 2017 va être difficile pour l’économie britannique, ce qui va se traduire par une croissance modérée», selon Howard Archer, économiste chez EY Item Club.

Selon lui, l’investissement des entreprises pourrait en particulier être déjà en train de faiblir compte tenu «des grandes incertitudes économiques, politiques et liées au Brexit».

Le patronat, par la voix de l’organisation CBI, a expliqué que compte tenu de la faiblesse actuelle de la croissance, «il n’a jamais été si important de fournir des certitudes et de la stabilité aux entreprises».

Le monde des affaires s’inquiète depuis des mois de faire les frais d’un Brexit «dur», espérant un assouplissement de la ligne adoptée jusqu’à présent par la Première ministre Theresa May qui entend sortir du marché unique et contrôler davantage l’immigration.

Selon la presse, Downing Street serait toutefois ouvert à un projet d’accord de transition qui permettrait de garantir la libre-circulation avec l’UE pour quelques années supplémentaires et donner le temps aux entreprises de s’adapter à la nouvelle donne.

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l'info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.