GM&S: le tribunal de commerce de Poitiers rendra sa décision lundi

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Le sort de l’usine GM&S et de ses 277 salariés reste suspendu à la décision du Tribunal de Commerce de Poitiers qui examinait ce mercredi l’offre du repreneur GMD.

Nouvelle journée cruciale pour les salariés GM&S, mais il faudra encore attendre. Le Tribunal de Commerce de Poitiers examinait ce mercredi l’offre du repreneur GMD, sous fond de déclarations contradictoires de Bercy et Peugeot PSA. Objectif: sauver la deuxième entreprise privée de la Creuse dans un département fortement désindustrialisée.

Mais les salariés devront encore attendre quelques jours. Leur avocat a indiqué que le tribunal rendra sa décision le lundi 24 juillet. Selon l’avocat des salariés, présent à l’audience, le tribunal se prononcera à 18 heures sur l’offre de reprise. Les parties prenantes au dossier auront jusqu’à 14 heures pour apporter au tribunal les éléments complémentaires nécessaires à l’examen de l’offre.

« Point d’étape » sur les négociations

Signe de l’enjeu pour le gouvernement, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, doit rencontrer ce mercredi les salariés et les syndicats de GM&S à la mairie de La Souterraine, où se trouve l’usine de l’entreprise creusoise, pour « un point d’étape » sur les négociations.

Depuis mardi matin, la CGT et une centaine de salariés de GM&S arrivés en cars depuis La Souterraine ont fait monter la pression en bloquant une plateforme logistique de pièces détachées de Renault, le groupe automobile étant, avec Peugeot, le principal pourvoyeur du chiffre d’affaires de GM&S.

GMD a posé ses conditions

 De son côté, l’unique repreneur potentiel GMD a posé ses conditions: son PDG, Alain Martineau, estime que « l’ensemble des conditions suspensives ne sont pas levées », a-t-il déclaré mardi soir. Et d’ajouter que « s’il n’y a pas de prolongation de la période d’observation, l’offre ne sera pas finalisée ».

L’un des autres points restant à discuter : le bail proposé, qui est pour le patron de GMD « hors cadre » : « La SCI (Société civile immobilière) propriétaire propose de faire supporter au locataire les frais d’entretien des locaux pendant six ans, ce qui n’est pas acceptable », a-t-il dit mardi soir. Autre condition nécessaire à la reprise : « L’adhésion des salariés au projet, car il n’est pas possible de se rendre sur un site où l’on se fait siffler par ses salariés », a prévenu le patron de GMD.

« Cette entreprise a vécu trois dépôts de bilan en dix ans, on ne va pas redresser la barre en quelques semaines, mais sous trois ans, nous pouvons en faire quelque chose et lui donner de la visibilité sur l’avenir. Une fois que les comptes seront à flot, si le marché nous y conduit, nous saurons investir d’autres marchés et diversifier l’activité », a-t-il encore expliqué.

Le Tribunal de Commerce de Poitiers doit donc trancher entre une nouvelle prolongation, jusqu’au 31 août, ou une liquidation pure et simple de GM&S, placé en redressement judiciaire depuis décembre, puis en liquidation judiciaire depuis le 30 juin avec période d’observation jusqu’au 21 juillet.

mm

Prof d’économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l’actu du moment.