Gros revers pour le FN, en fort recul par rapport à la présidentielle

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Le Front national et Marine Le Pen ont subi dimanche un important revers après une difficile campagne législative, avec un très net reflux en voix par rapport à la présidentielle qui risque de les priver de groupe à l’Assemblée.

Le parti d’extrême droite recule traditionnellement entre le premier tour de l’élection présidentielle et celui des législatives. Mais cette année, ce recul est plus important que jamais: le FN devrait passer de 21,3% à environ 13,5%, selon les estimations des instituts de sondage. Cela donne une déperdition de quatre millions de voix, passant de 7,7 à environ 3,2.

Pendant cette courte campagne, le FN avait dit son espoir de récupérer une large part des 10,64 millions d’électeurs qui s’étaient portés sur Marine Le Pen au second tour.

Obtenir un groupe parlementaire, ce qui a longtemps constitué un objectif minimum pour les frontistes, paraît difficilement à portée désormais, d’autant que la forte abstention devrait réduire à la portion congrue le nombre de triangulaires, qui avaient permis au FN de remporter ses deux circonscriptions en 2012 (Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse, Gilbert Collard dans le Gard).

Plusieurs figures frontistes ont été éliminées dès le premier tour, tel Nicolas Bay, patron de la campagne FN pour les législatives, en Seine-Maritime; Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du parti, dans une circonscription pourtant très favorable des Bouches-du-Rhône; le comédien Franck De Lapersonne dans la Somme.

Rare éclaircie pour le parti, Marine Le Pen, à nouveau candidate dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où se trouve la mairie FN d’Hénin-Beaumont, paraît en position très favorable, avec environ 45% des voix au premier tour.

Les frontistes avaient néanmoins surligné 45 circonscriptions «gagnables», où Marine Le Pen a dépassé 50% au second tour de la présidentielle, dont 13 où elle dépasse les 55%.

Mais selon les instituts dimanche, le FN ne pourrait obtenir au final qu’un à dix sièges, éliminé dans de très nombreuses circonscriptions dès le premier tour.

‘Du sang sur les murs’

Depuis son QG de campagne d’Hénin-Beaumont, celle qui avait proclamé le FN «première force d’opposition» au soir du second tour de la présidentielle a mis en cause «l’abstention catastrophique» qui «pénalise» son parti et «doit poser la question du mode de scrutin», le FN réclamant l’instauration de la proportionnelle qui lui avait permis de faire élire 35 députés en 1986.

Elle a vu dans ce premier tour «l’enracinement du vote pour notre mouvement» et le signe que «la recomposition de la vie politique se poursuit».

Mme Le Pen a surtout appelé ses partisans à la mobilisation, tablant sur des «réserves de voix considérables» pour l’emporter dans «plusieurs circonscriptions».

Ses lieutenants ont eux parfois été moins enthousiastes, tel Florian Philippot, vice-président du parti, reconnaissant une «déception».

«Il y a une tendance générale, c’est vrai qui est un peu difficile. On a un tassement un peu plus important qu’on aurait pu espérer. Beaucoup de nos électeurs ne sont pas allés voter», a reconnu M. Bay.

Pour le FN, plusieurs conséquences sont à envisager pour ce revers.

Largement basée sur le nombre de suffrages obtenus lors du premier tour de ce scrutin, la subvention publique annuelle du FN ne devrait guère évoluer par rapport à 2012, alors que le parti dit régulièrement manquer d’argent pour fonctionner correctement.

Surtout, ce score devrait rendre plus vif encore le débat interne sur la «refondation» du FN qui s’est ouvert depuis le second tour de la présidentielle, alimenté par le retrait temporaire de Marion Maréchal-Le Pen de la politique, l’échec de l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan et les menaces de Florian Philippot de quitter le parti si celui-ci renonçait à vouloir sortir de l’euro.

«Il y aura du sang sur les murs au Congrès», prévu pour fin 2017 début 2018, pronostique un conseiller régional FN interrogé par Repha.fr.

«On a payé surtout sur le terrain l’euro et le débat présidentiel» de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, «raté» du propre aveu de la présidente du FN, avance un responsable départemental.

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Comptable en entreprise, je suis de très près l’info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.