Irma: attente angoissante dans un abri en Floride

0

«Je vais prier beaucoup, beaucoup. Avec mon papa et mes soeurs», confie Keilyn Mora dans un refuge abritant des personnes évacuées en Floride où elle va passer la nuit avant l’arrivée, désormais imminente, de l’ouragan Irma.

L’adolescente de 16 ans d’origine costaricaine profite des derniers instants autorisés à l’air libre dans ce centre de loisirs du comté de Collier, sur la côte sud-ouest de la péninsule.

Le site, balayé par des premières petites bourrasques annonçant le cyclone dévastateur, a été choisi pour la robustesse de ses bâtiments et son éloignement du bord de mer.

Faisant partie de l’agglomération de Naples, il comprend un gymnase, une piscine avec des toboggans, une allée bordée de palmiers et des pelouses manucurées.

Les dizaines d’évacués sont logés dans différentes salles communes, sans fenêtre ou aux accès sécurisés contre la montée des eaux.

Animaux domestiques

L’abri est également «pet friendly», c’est-à-dire que les animaux familiers y sont accueillis dans une pièce, à côté d’une autre où dorment leurs maîtres.

En revanche les «délinquants sexuels» sont priés selon une pancarte de s’identifier auprès du représentant du shérif à l’entrée, sans qu’il soit précisé quel sort leur est réservé.

Proposer l’hébergement des chiens et chats permet aux autorités de convaincre des familles de se mettre à l’abri, qui sans cela refuseraient d’abandonner leur animal.

La Floride est un Etat où vivent de nombreuses personnes âgées, venues chercher le beau temps promis par le «Sunshine State».

Mais dimanche la péninsule, en particulier la région de Naples, sera battue par des vents d’une «énorme puissance destructrice», a averti samedi soir le président Donald Trump.

Robert Nicodemo habite au troisième étage d’un immeuble construit il y a un an, dans la solidité duquel il a relativement confiance, à l’opposé de ses proches qui lui ont vivement conseillé de le quitter.

Du coup, ce natif de la République dominicaine, qui vit depuis quatre décennies aux Etats-Unis, avoue s’être laissé gagner par la crainte.

L’ami de 60 ans

«J’ai pris peur, vraiment peur. Pas seulement moi, mais j’ai reçu des appels de ma fille, de beaucoup de gens, et des messages, tout le monde s’inquiétait, j’ai même reçu un appel bizarre d’un ami que je n’ai pas vu depuis soixante ans», relate-t-il.

Alors, avec sa femme et leur petit yorkshire nommé Charlie, le médecin retraité de 71 ans s’est rendu au refuge de North Collier Park. Il dit ne pas le regretter.

Viviana Sierra a également quitté sa maison et est venue avec son chien, en plus de ses parents et de son frère.

«On peut toujours remplacer les choses matérielles, mais pas les vies», insiste cette salariée d’un grand hôtel, qui a mis tout son personnel en chômage technique.

mm

Gérant de ma société, je suis passionné par l'actu en général et je participe à la rédaction d'articles pour Repha dans les rubriques Economie et France.