Irma : les secours s’organisent pour atteindre les îles dévastées

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Un pont aérien mis en place «dès jeudi» avec la Guadeloupe, des renforts humains et matériels en route depuis la métropole : les secours tentent de s’approcher des îles St-Martin et St-Barthélemy, en dépit des difficultés à établir un contact après le passage de l’ouragan Irma.

«Nous sommes passés de la phase de sidération à la phase d’action», a déclaré jeudi le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Les efforts, a-t-il détaillé, sont concentrés sur l’aide alimentaire avec l’acheminement de «barges d’eaux» ainsi que de «100.000 rations de combat», soit «quatre jours de vivres».

Un «hub logistique» a été installé en Guadeloupe, épargnée par l’ouragan d’une intensité sans précédent sur l’Atlantique et qui s’est muée en base arrière des secours.

Depuis Pointe-à-Pitre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a indiqué jeudi que près de 200 personnels de secours, militaires, pompiers, médecins, accompagnés de chiens pour retrouver d’éventuels victimes coincées dans les décombres, étaient arrivés en Guadeloupe.

Les renforts, réserves d’eau et matériels de secours sont acheminés par voie maritime, a-t-elle expliqué. Un pont aérien devait en outre être mis en place jeudi entre Saint-Martin et la Guadeloupe, notamment grâce à une partie de la piste de l’aéroport dans le nord de l’île.

Ce pont aérien «permettra d’envoyer ce dont on aura besoin et à la fois sans doute de ramener ici des blessés».

Les secouristes ont embarqué avec eux tronçonneuses, désalinisateurs, matériel médical, bâches et matériels de protection, a détaillé le chef du détachement cyclone du contingent des forces de sécurité civile, Vincent Boichard.

Quelque 200 gendarmes locaux se trouvent par ailleurs à St-Martin et une vingtaine d’autres à St-Barth, a déclaré le général Lambert Lucas, commandant de la gendarmerie d’outre-mer.

Ils vont être secondés dans les heures qui viennent par une centaine d’autres envoyés depuis la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Parmi eux, des gendarmes mobiles, des techniciens spécialisés en recherche pour l’identification des corps, des plongeurs et logisticiens.

Selon le général Lucas, leur tâche sera de «rassurer la population, sécuriser la zone en empêchant notamment les pillages et permettre que la distribution des vivres se fasse dans le calme».

Routes inutilisables

Sur place, les moyens des secours ont été presque anéantis par le passage d’Irma.

«Les collègues de St Martin et St Barth ont une caserne complètement inopérante, détruite et inondée, ils n’ont pas de véhicules en usage et les routes sont inutilisables», a expliqué Patrick Hertgen, vice-président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers sur France Info.

Les secours devront déblayer les routes encombrées par des troncs d’arbres et autres débris.

«La première mission c’est d’accéder aux gens qui peuvent avoir besoin de nous (…), apporter les premiers soins, commencer à travailler sur les infrastructures, bâcher les toits, à pomper l’eau et à protéger les biens qui peuvent l’être», a indiqué M. Hertgen.

Par ailleurs, depuis la Martinique, un dispositif militaire a été mis en place comprenant deux Falcons «de surveillance maritime», deux hélicoptères, un avion cargo (si la piste de Saint-Martin permet son atterrissage), ainsi qu’une frégate avec du fret, de l’eau et des vivres, qui doit arriver vendredi à Saint-Martin.

L’électricité est entièrement coupée sur les deux îles selon EDF, qui indique que du matériel, notamment des groupes électrogènes, est prêt à être acheminé «lorsque cela sera possible».

La Croix-Rouge française comme le secours populaire ont lancé un appel aux dons. Cette dernière association a indiqué avoir débloqué un «premier fonds d’urgence de 100.000 euros».

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d’actualités Repha.fr notamment dans les rubriques économie et finance.