La France a accru en 2016 son déficit dans ses échanges avec l’étranger

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Une situation préoccupante pour la compétitivité de la France: l’érosion de son excédent dans les services et la perte de parts de marché à l’export ont nettement creusé en 2016 son déficit en matière de transactions courantes avec le reste du monde.

Le déficit courant de l’Hexagone s’est établi à 19 milliards d’euros, contre 9,6 milliards en 2015, ce qui représente 0,9% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi la Banque de France (BdF).

Un «point de vigilance sur la compétitivité de l’économie française», pour le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, qui a appelé lors d’une conférence de presse à «une mobilisation maintenue de tous», que ce soient «les entreprises et leurs salariés», mais aussi «la collectivité nationale» pour améliorer la situation.

La balance des transactions courantes est un bon indicateur de la situation d’une économie par rapport au reste du monde car elle va au-delà des seuls échanges de biens, déficitaires depuis de longues années en France.

Elle prend en compte ceux, croissants, de services ainsi que les revenus des investissements et ceux du travail versés entre agents économiques en France et à l’étranger.

C’est le solde des transactions courantes qui in fine détermine si un pays a acquis sur une période la capacité de prêter des capitaux au reste du monde ou a besoin d’en emprunter, sa tendance à s’enrichir ou s’appauvrir.

La dernière fois que la balance française était à l’équilibre remonte à 2006, a rappelé M. Villeroy de Galhau. Depuis, elle n’a cessé d’être dans le rouge.

Mais fait nouveau en 2016, l’excédent traditionnel dans les services (8,9 milliards d’euros en 2015) s’est effacé et est devenu nul.

«C’est une tendance continue à la baisse» depuis 2012, a indiqué Jacques Fournier, directeur général des statistiques.

Dans le détail, «les voyages ont diminué en raison des attentats de Paris et de Nice», tandis qu’il y a eu aussi une «progression des dépenses des Français à l’étranger», a expliqué le responsable.

Du côté des transports, la France souffre d’un «déficit croissant sur le transport routier en raison de la concurrence des transporteurs de l’Est de l’Europe» et de la «concurrence des compagnies aériennes low-cost».

Enfin, les services aux entreprises (services informatiques, de conseil, de gestion) présentent un déficit de 5,2 milliards après un quasi-équilibre en 2015, une tendance «qui pourrait se développer» et qui dépend «de l’attractivité du territoire français pour ces emplois à forte valeur ajoutée», selon M. Fournier.

Embellie en 2017?

Par ailleurs, le déficit des biens s’est dégradé en 2016 pour atteindre 26,8 milliards d’euros (contre 25 milliards en 2015), malgré une amélioration de la facture énergétique d’environ 8 milliards d’euros.

Hors énergie, le solde a baissé de près de 10 milliards mais reste excédentaire de 3,1 milliards d’euros. Cette dégradation tient notamment à des «pertes de parts de marché de l’appareil exportateur français» vis-à-vis des principaux partenaires de l’Hexagone, explique la BdF dans un communiqué.

M. Villeroy de Galhau a toutefois prédit pour 2017 «un relatif rebond des exports, une tendance qui serait marquée encore en 2018 et 2019», compte tenu du rebond économique de la zone euro et de l’économie mondiale.

Mais il a plaidé pour la montée en gamme des entreprises et jugé que l’Etat avait aussi un rôle à jouer en matière de «formation» et de soutien à «la recherche et l’innovation».

Troisième composante des transactions courantes après les biens et les services, les revenus ont accru leur excédent, à 7,8 milliards d’euros contre 6,5 milliards en 2015. «Cela résulte notamment des bénéfices retirés par les entreprises de leurs implantations à l’étranger», explique la BdF dans son communiqué.

Les investissements directs français à l’étranger ont progressé de 12 milliards pour s’établir à 51,8 milliards d’euros, tandis que les investissements directs étrangers en France ont atteint 26 milliards d’euros, contre 42 milliards en 2015, année marquée par la fusion entre le groupe suisse Holcim et le français Lafarge.

Au total, la position extérieure nette française, qui représente le patrimoine net de la France vis-à-vis du reste du monde, est débitrice à hauteur de 351 milliards d’euros à fin 2016, ce qui représente 15,8% du PIB.

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Gérant de ma société, je suis passionné par l’actu en général et je participe à la rédaction d’articles pour Repha dans les rubriques Economie et France.