Le Bourget: Boeing et Airbus engrangent les commandes avec optimisme

0

Boeing et Airbus ont engrangé mardi des commandes pour plusieurs milliards de dollars, l’avantage au milieu du deuxième jour du 52e salon du Bourget étant à l’Américain qui prévoit un doublement de la flotte mondiale d’appareils d’ici vingt ans.

Alors que se succédaient les démonstrations d’avions de tout type au-dessus de la grand messe internationale de l’industrie aéronautique et aérospatiale étouffée par la canicule, les avionneurs rivaux ont affolé les compteurs.

A 16H00 (14H00 GMT), Boeing se targuait de 11,5 milliards de dollars de commandes fermes, dont plus de la moitié (5,8 milliards) provenant de la société de location chinoise China Aircraft Leasing Company pour 50 moyen-courriers 737 MAX.

Auparavant, la firme de Seattle avait annoncé une commande de vingt B737 MAX 10 au profit du loueur Aviation Capital Group, pour 2,5 milliards de dollars, puis de quinze MAX 8 et 10 pour la compagnie chinoise Okay Airways, pour 1,8 milliard de dollars.

Toujours auprès de Boeing, United Airlines a pris une commande de quatre B777ER, des long-courriers, pour un prix catalogue de 1,4 milliard de dollars et converti cent B737 MAX en MAX 10, cette dernière opération n’étant pas chiffrable dans l’immédiat.

Le MAX 10, nouvelle version rallongée du B737 mise en valeur par Boeing, vise à contrer l’insolente réussite de l’A321neo d’Airbus.

Le constructeur européen a quant à lui attendu l’après-midi pour répliquer, en annonçant une commande de 3,11 milliards de dollars par Ethiopian Airlines pour dix gros porteurs A350-900, et dix A321, pour un prix catalogue de 1,16 milliard de dollars, de la part de l’américain Delta Airlines.

A ces 4,27 milliards de dollars de commandes fermes s’ajoutent 5,1 milliards de dollars pour un protocole d’accord portant sur 45 avions de la famille A320neo, de la part de la société de leasing chinoise CDB Aviation, et 5 milliards supplémentaires pour un accord à finaliser sur 50 A320, avec la compagnie à bas coûts Viva Air.

Lundi, première journée du salon s’était conclue sur plus de 11,5 milliards de dollars de commandes fermes pour Airbus, Boeing le supplantant dans cette course au prestige avec 12,8 milliards.

L’avionneur américain reste optimiste sur le long terme et a revu mardi à la hausse ses prévisions, avec un doublement de la flotte dans le monde d’ici 20 ans.

Le géant de Seattle table désormais sur une demande de 41.030 nouveaux appareils dans le monde, pour une valeur de marché de 6.050 milliards de dollars. Cette prévision est cohérente avec celle d’Airbus, qui table sur 35.000 appareils pour une valeur de marché de 5.300 milliards de dollars.

Dynamisme asiatique

Les périmètres des études des deux avionneurs sont toutefois différents, l’Américain incluant les avions de plus de 30 sièges, tandis qu’Airbus ne tient compte que de ceux de plus de 100 places.

«Nous voyons un doublement de la flotte» d’avions dans le monde d’ici 2036, a déclaré devant la presse Randy Tinseth, le vice-président marketing de la branche aviation civile de Boeing. «Le trafic passagers a été très important depuis le début de l’année, et nous prévoyons une hausse de 4,7% par an au cours des deux prochaines décennies.»

Il a également indiqué que Boeing comptait livrer entre 760 et 765 avions cette année, contre 748 en 2016, et devancer ainsi son concurrent européen Airbus. Ce dernier a livré 688 appareils l’an dernier, et prévoit de dépasser les 700 unités cette année.

C’est en Asie que la demande sera la plus forte, selon Boeing. Elle nécessitera ainsi 16.050 nouveaux appareils, soit environ le double des besoins de l’Amérique du Nord (8.640 appareils) et l’Europe (7.530). Le Moyen-Orient, devenu un acteur clé du long-courrier avec des compagnies comme Emirates ou Qatar Airways, aura besoin de 3.350 nouveaux avions.

De son côté, l’avionneur brésilien Embraer, spécialiste des appareils de moins de 130 places, estime que ce segment représentera 6.400 nouveaux appareils d’ici à 2036, et a enregistré 18 commandes fermes pour un peu plus d’un milliard de dollars mardi.

Le même jour, la branche hélicoptères d’Airbus a dévoilé la conception d’un démonstrateur pour un hélicoptère «50% plus rapide qu’un hélicoptère conventionnel» appelé «Racer et capable d’atteindre une vitesse de croisière de «plus de 400 km/h». Le premier vol est prévu pour 2020.

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d'actualités Repha.fr notamment dans les rubriques économie et finance.