Le fair-play financier, principal adversaire du PSG ?

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Le PSG a attiré Neymar et – bientôt – Kylian Mbappé pour ne plus craindre personne sur le terrain. Mais en dehors, le fair-play financier fait figure d’adversaire redoutable. Paris a déjà été sanctionné par le passé, en ayant trop dépensé au mercato.

Mise en garde

«Nous n’aurons pas peur de punir (en cas d’infraction). Je ne veux pas faire un cas spécifique du PSG. Mais nous avons beaucoup de sanctions possibles. Nous pouvons exclure de nos compétitions (Ligue des champions par exemple), retirer des points…»

En marge du tirage au sort de la Ligue des champions, à Monaco, Aleksander Ceferin, patron de l’UEFA, a mis en garde les clubs qui sortiraient des clous du fair-play financier (FPF), lors d’une interview à des journaux européens, dont L’Equipe.

Le principe de base du FPF est simple: à long terme, un club ne peut dépenser plus qu’il ne gagne, même s’il possède un actionnaire/propriétaire aux moyens illimités.

Ce qui veut dire dans le cas du PSG: en dehors de son Etat-mécène, le Qatar propriétaire depuis l’été 2011, le club génère-t-il assez de revenus (vente de joueurs, sponsoring, revenus des droits TV, primes de victoires, etc…) pour justifier toutes ses dépenses ? Cet été, il y a les 222 M EUR payés pour Neymar et les 180 millions prévus à terme pour finaliser l’acquisition de Mbappé le moment venu.

«Je suis un avocat (de métier) et je ne me prononce pas avant que les faits soient jugés. Et pour l’instant aucun procès n’est ouvert», a précisé M. Ceferin. Mais une de ses formules est lourde de sens: «Je le répète, aucun Etat ne peut acheter un joueur (…) Ce sont bien sûr les clubs qui doivent les acheter».

Barre des 30 M EUR

Le FPF, lancé en 2010 sous l’impulsion de l’ancien président de l’UEFA Michel Platini, et en vigueur depuis 2011, autorise des pertes maximum entre gains et dépenses de 30 M EUR cumulés sur trois exercices. C’est l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) qui se penchera sur le dossier parisien en octobre 2018.

A ce stade, elle ne devrait regarder que le cas Neymar puisque Mbappé devrait être simplement prêté. Ce qui reculera le problème. Mais, dans l’immédiat, la direction parisienne va devoir prouver qu’elle est capable d’amortir le transfert record du Brésilien au cours des cinq années que dure son contrat.

«Avec le montant du transfert, son salaire (30 millions d’euros annuels) et la prime à la signature, l’opération Neymar devrait coûter au PSG environ 100 millions d’euros par an», estime Christophe Lepetit, économiste du Centre de Droit et d’Economie du Sport (CDES).

«Il va falloir augmenter les revenus, notamment en renégociant le contrat avec le sponsor maillot (Fly Emirates) et l’équipementier (Nike). Aujourd’hui, le sponsor maillot représente environ 20 millions euros par an. C’est beaucoup moins que pour les grosses écuries européennes», poursuit le spécialiste.

«Le PSG doit également vendre des joueurs et dégraisser la masse salariale», prévient l’avocat Thierry Granturco, qui considère qu’il faudra «voir précisément comment l’UEFA appréhende le dossier parisien car elle joue sa crédibilité sur ce dossier».

Déjà sanctionné

Le règlement du FPF prévoit de nombreux cas de figures. Dont le risque que certains propriétaires-Etats, comme le Qatar pour le PSG ou les Emirats arabes unis pour Manchester City, tentent de renflouer les caisses avec du mécénat déguisé en sponsoring, par le biais de parties liées.

Exemple: en 2014, l’UEFA avait jugé surévalué le contrat de sponsoring du PSG avec l’office de tourisme au Qatar (présenté à 200 millions d’euros).

Et le club parisien version qatarie, qui avait dépensé sans compter pour ses premiers gros achats (Javier Pastore, Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Edinson Cavani), avait donc été sanctionné, tout comme Manchester City (amende, restriction de dépenses et d’inscription de joueurs en compétition UEFA, notamment). Sanction levée depuis.

Qu’en sera-t-il cette fois?

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Prof d’économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l’actu du moment.