Législatives, 1er tour: vers un profond renouvellement de l’Assemblée

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Les Français votent sous haute sécurité dimanche pour le premier tour des élections législatives qui pourraient donner une très large majorité à Emmanuel Macron dans une Assemblée profondément renouvelée.

Un mois après le second tour de la présidentielle, plus de 47 millions d’électeurs sont appelés à élire leurs 577 députés parmi 7.877 candidats, âgés en moyenne de 48 ans et demi, dont un peu plus de 42% sont des femmes.

Les sondages prédisent un succès spectaculaire au parti présidentiel de la République en marche!, mais l’abstention pourrait atteindre un niveau record sous la Ve République, ce qui introduit un élément d’incertitude: la participation est évaluée entre 49% à 60% dans les derniers sondages. Elle avait été de 57,22% en 2012.

Comme pour la présidentielle, 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés dimanche et le 18 juin, pour le second tour, dans le cadre d’un dispositif sécuritaire renforcé sur fond de menace terroriste, selon le ministère de l’Intérieur.

Dans les départements d’outre-mer des Amériques – Saint-Pierre et Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Guyane et Saint-Martin et Saint Barthélemy -, les électeurs votaient dès samedi, un jour avant la métropole.

Toutefois ils y semblaient peu motivés: à midi, la participation était partout en baisse par rapport au premier tour des législatives de 2012, sauf à Saint-Pierre et Miquelon.

En métropole, les bureaux de vote ouvriront dimanche à 08H00 et fermeront à 18H00, une heure plus tôt que lors de la présidentielle, à l’exception des grandes villes où l’on pourra voter jusqu’à 20H00.

La République en Marche! est créditée d’environ 30% d’intentions de vote dans les sondages sur le premier tour, ce qui pourrait lui permettre de dépasser la majorité absolue (289) dans la nouvelle Assemblée, avec selon les projections de 370 à plus de 400 députés.

Un exploit politique ?

Le Premier ministre Édouard Philippe tient pourtant à rester prudent: «D’expérience, il faut faire campagne jusqu’au bout… Ce n’est jamais acquis», a-t-il dit vendredi, en campagne à Paris.

Si Emmanuel Macron obtient la majorité absolue, «ce serait un exploit politique total. Cela signifierait, en tout cas pour quelque temps, la destruction des partis traditionnels», analyse Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel.

«L’effet de souffle de la présidentielle» fait que les intentions de vote en faveur des candidats d’En Marche! sont souvent très supérieures aux 24% réalisés par Emmanuel Macron le 23 avril, note pour sa part Frédéric Dabi, directeur-adjoint de l’Ifop.

Derrière, Les Républicains, crédités de 20% à 23% d’intentions de vote et de 100 à 150 sièges, résistent plutôt bien – François Fillon a fait juste 20% à la présidentielle -, mais l’écart très important avec En Marche! leur laisse juste l’espoir de limiter les dégâts.

Débâcle annoncée en revanche pour le Parti socialiste, qui avait envoyé près de 300 députés à l’Assemblée nationale en 2012 et pourrait en avoir dix fois moins cette année.

Quant au Front national et à La France insoumise, ils n’ont pas réussi à capitaliser sur le bon score de leurs candidats à la présidentielle et auront surtout pour objectif d’avoir suffisamment de députés (15) pour former un groupe à l’Assemblée.

Renouvellement assuré

Au terme d’une campagne express, l’affaire immobilière impliquant Richard Ferrand, le ministre de la Cohésion des territoires, candidat REM dans le Finistère, semble avoir eu un impact très limité sur les intentions de vote,selon les sondeurs, qui estiment en revanche que le débat sur la réforme du Code du travail pourrait avoir plus de conséquences.

Une certitude, le renouvellement de l’Assemblée est assuré avec près de 40% des députés sortants qui ne se représentent pas, l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats et l’émergence d’une nouvelle génération de candidats.

Les Français de l’étranger qui ont voté par anticipation le week-end dernier ont plébiscité les candidats d’En Marche!, en mesure de l’emporter dans dix des onze circonscriptions en jeu. Leur vote a confirmé la dynamique en faveur d’Emmanuel Macron, mais aussi l’effondrement des sortants, PS ou LR, qui n’ont recueilli pour la plupart que de très faibles scores.

Une situation inquiétante pour les quelque 350 députés qui se représentent dimanche, dont de nombreuses personnalités – anciens ministres, candidats à la présidentielle…-, qui risquent à leur tour de faire les frais du «dégagisme» amorcé avec les primaires de l’automne.

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l’info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.