L’embellie économique se confirme, mais peine à faire reculer le chômage

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Le climat des affaires et l’activité du secteur privé ont continué de s’améliorer en novembre en France, dans un contexte porteur sur le plan de l’emploi, mais cette embellie peine à se matérialiser sur la courbe du chômage.

Industrie, services, commerce, bâtiment… Selon l’Insee, l’ensemble des secteurs d’activité ont vu leurs perspectives progresser au cours des dernières semaines, à la faveur notamment d’une hausse des nouvelles commandes.

Le «climat des affaires», calculé à partir des réponses des chefs d’entreprises des principaux secteurs d’activité, a ainsi gagné deux points en novembre, pour atteindre son plus haut niveau depuis près de 10 ans (111 points).

Cette hausse a été notamment marquée dans le secteur des services, avec des perspectives encourageantes tant pour le transport de marchandises que pour l’hébergement-restauration, et dans le secteur industriel, où l’indice a atteint 112 points, d’après l’organisme public.

L’amélioration a également été sensible dans le secteur du bâtiment, où le solde a gagné deux points. Selon les chefs d’entreprise interrogés par l’Insee, les commandes assurent actuellement «7,4 mois de travail», soit un niveau «nettement supérieur à la moyenne de long terme» (5,5 mois).

«On est sur une tendance solide, qui a démarré voilà deux ans», souligne Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui rappelle que le climat des affaires est «revenu à son niveau d’avant-crise».

Autre signal encourageant: la croissance de l’activité du secteur privé a de nouveau accéléré en novembre, pour atteindre un plus haut niveau depuis six ans et demi, selon l’indice PMI publié par le cabinet IHS Markit.

La hausse de la demande a par ailleurs poussé les entreprises à renforcer leurs effectifs. Selon Markit, le taux de création de postes s’est ainsi redressé à son plus haut niveau depuis mars 2001, soit plus de 16 ans.

«Malgré ce net renforcement des effectifs, le travail en attente» a continué de s’accumuler, explique Alex Gill, économiste de Markit, cité dans un communiqué. Une tendance qui suggère selon lui «un maintien de la croissance de l’emploi dans les prochains mois».

Objectif optimiste

De quoi envisager, enfin, une baisse du chômage? «Si la croissance perdure, on peut s’attendre à une évolution favorable», estime Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture chez Xerfi.

La reprise économique, jusqu’à présent, ne s’est pas traduite par une baisse massive du nombre de chômeurs: selon l’Insee, le taux de chômage a reculé de 0,3 point seulement sur un an au troisième trimestre pour s’établir à 9,4% (en métropole). Au cours de ce même trimestre le nombre de demandeurs d’emploi a même augmenté, avec 62.000 chômeurs supplémentaires recensés par rapport au trimestre précédent.

«Depuis un an, on a créé près de 300.000 emplois», rappelle Eric Heyer. «Mais il y a eu parallèlement l’arrivée d’environ 140.000 personnes sur le marché de l’emploi, du fait de la croissance démographique. La baisse du chômage a donc été limitée», ajoute-t-il.

«Des personnes qui étaient découragées se sont repositionnées sur le marché de l’emploi» avec l’amélioration de la conjoncture, souligne par ailleurs Alexandre Mirlicourtois, qui fait aussi état de «difficultés de recrutement».

Une situation que confirme François Roux, délégué général de Prism’Emploi, organisation professionnelle qui représente la majorité des entreprises de l’intérim. Même si la tendance dans ce secteur – considéré comme un indicateur fiable de l’état du marché du travail – est bonne, «il reste une pénurie de main d’oeuvre, due à un manque de formation, de mobilité ou de motivation», explique-t-il.

Pour espérer une baisse plus franche du chômage, «il va falloir mener une politique de retour à l’emploi plus vigoureuse», estime Denis Ferrand, directeur de l’institut Coe-Rexecode.

Reste qu’avec une croissance autour de 1,7%, une forte décrue du nombre de demandeurs d’emplois est peu probable. «La croissance est de retour en France, mais le rythme reste modéré», souligne Eric Heyer. «Avec 3% de croissance, le chômage baisserait de façon significative. Avec 1,7%, c’est forcément plus lent».

Le gouvernement, qui a lancé une vaste réforme du marché du travail, s’est fixé pour cap de ramener le taux de chômage à 7% d’ici à 2022. Un objectif «optimiste», selon M. Heyer.

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Rédacteur en chef du site Repha.fr spécialiste de l’économie, il est passionné par l’économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l’économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.