Les Bleus en qualif’ au Mondial, fournisseurs officiels de frissons

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L’équipe de France, qui va trembler dans la dernière ligne droite de ses qualifications au Mondial-2018 après son ahurissant 0-0 face au Luxembourg dimanche à Toulouse, est un spécialiste des sensations fortes en éliminatoires de la Coupe du monde.

Depuis 1986, les Bleus n’ont terminé qu’une seule fois à la première place de qualifications pour la Coupe du monde, pour aller au Mondial-2006.

Qualif. Mondial-1990: le faux pas chypriote

Henri Michel doit gérer l’après-Platini. Or, dès le deuxième match, le 22 octobre 1988, les Bleus font le faux pas qui s’avèrera fatal. A Chypre, Philippe Vercruysse ouvre le score avant la pause mais les îliens égalisent sur penalty à la 78e minute (1-1). Michel est alors limogé et remplacé par… Platini.

L’ex-capitaine démarre son mandat par trois matches sans victoire, s’inclinant en Yougoslavie (3-2) et en Ecosse (2-0), avant un 0-0 face aux Yougoslaves au Parc des Princes.

Finalement, alors que seuls les deux premiers sont qualifiés, les Bleus terminent 3e, à un point de l’Ecosse mais avec une meilleure différence de buts. Manquait donc le point abandonné en Méditerranée (la victoire valait deux points à l’époque), le seul glané par Chypre dans ces éliminatoires…

Qualif. Mondial-1994: le cauchemar bulgare

Les Bleus de la génération Papin-Cantona n’avaient besoin que d’un nul en deux matches, de surcroît à domicile, pour aller au Mondial-1994 des Etats-Unis.

Le 13 octobre 1993 face à Israël, les Français tiennent la qualification… jusqu’à la 93e minute, quand ils s’inclinent 3-2. Le coup est rude, mais ce n’est que partie remise, pense-t-on.

Le 17 novembre 1993, la sono du Parc des Princes crache «L’Amérique», le tube de Joe Dassin, juste avant d’affronter l’équipe de Hristo Stoichkov. Mais le rêve américain tourne au cauchemar bulgare quand, à la 90e minute, un certain Emil Kostadinov plante son deuxième but (2-1) et glace la France du foot.

Kostadinov vient d’expédier un missile sous la barre au terme d’une contre-attaque éclair, après un centre trop long de David Ginola. Le sélectionneur Gérard Houllier ajoutera la polémique au marasme en accusant l’ailier de «crime contre l’équipe».

Qualif. Mondial-2010: la main de Henry

Les Bleus de Raymond Domenech, maintenu à son poste malgré un Euro-2008 fiasco, finissent un point derrière la Serbie dans leur groupe, marqué par une retentissante défaite 3-1 en Autriche. Ils doivent en passer par les barrages.

En ce 18 novembre 2009 au Stade de France, les Bleus reçoivent l’Eire en barrage retour, après un aller remporté 1-0 (but de Nicolas Anelka à Dublin). Apathiques, tétanisés, ils sont poussés à la prolongation par un but de Robbie Keane (33e). A la 103e minute, alerté par un coup franc de Florent Malouda, Thierry Henry contrôle le ballon de la main et adresse une passe décisive pour la tête de William Gallas (1-1 a.p.). L’arbitre suédois Martin Hansson valide le but malgré la fureur des Verts.

La polémique est dégoupillée. Henry se dit «extrêmement désolé pour les Irlandais qui méritent vraiment d’être en Afrique du Sud», et la sphère politique s’en mêle: le Premier ministre irlandais Brian Cowen demande à rejouer la rencontre, alors que son homologue français François Fillon lui demande de ne pas «s’immiscer» dans le football.

Finalement, les Bleus iront bien en Afrique du Sud, où ils seront piteusement éliminés au premier tour en se faisant surtout remarquer par la fameuse grève de l’entraînement des joueurs à Knysna, pour protester contre le renvoi d’Anelka qui a insulté Domenech.

Qualif. Mondial-2014: l’Ukraine renversée

Didier Deschamps a succédé à Laurent Blanc et les Bleus doivent batailler dans leur groupe avec l’Espagne, en plein âge d’or. Ils assurent un carton plein face aux outsiders et arrachent même un nul héroïque à Madrid (1-1) sur un but in extremis d’Olivier Giroud (90e+4).

Mais les champions du monde et d’Europe espagnols douchent les troupes bleues en venant s’imposer à Saint-Denis (1-0, but de Pedro). La France, elle, voit sa deuxième place menacée quand elle s’empêtre en Géorgie (0-0) et que Karim Benzema ne répond plus (1222 minutes en sélection sans marquer). Franck Ribéry sonne la révolte au Belarus (4-2) et les Bleus vont finalement en barrage.

C’est l’Ukraine au programme. Mais le 15 novembe 2013 en barrage aller à Kiev, patatras: les Bleus s’inclinent 2-0, avec notamment un penalty provoqué par Laurent Koscielny.

Le match retour intervient quatre jours plus tard, quatre jours irrespirables. Deschamps opère des choix forts dans son onze, les Bleus s’imposent 3-0 (but de Benzema et doublé de Mamadou Sakho), les joueurs entonnent la Marseillaise au micro en choeur avec le Stade de France et prennent un élan qui les mènera jusqu’en quart de finale du Mondial-2014 (défaite 1-0 face à l’Allemagne future championne du monde).

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Prof d'économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l'actu du moment.