Orange renforce ses liens avec Canal+ pour défier SFR

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Orange signe aussi un accord avec UGC, un partenariat avec la FNAC et promet 100 millions d’euros pour des séries télé.

Des films, des séries et même des bandes dessinées ! Orange hausse le ton dans les contenus proposés à ses abonnés. Confronté à la concurrence de plus en plus agressive de SFR dans ce domaine, l’opérateur historique est bien obligé d’appuyer sur l’accélérateur. Stéphane Richard, son patron, a donc annoncé mardi, coup sur coup, trois partenariats : avec Canal+, la Fnac et UGC. A quoi il faut ajouter 100 millions d’euros d’investissement dans les séries.

Voilà des mois qu’Orange et Canal+ discutent d’un accord de distribution spécifique visant à les armer tous deux vis-à-vis de leur ennemi commun, SFR. Celui-ci se fait en effet de plus en plus pressant sur le terrain de jeu de la chaîne cryptée dans les séries et le cinéma et le sport. Pour Orange, premier distributeur de Canal+ dans les foyers français, l’accord annoncé mardi lui permet de renforcer son offre de contenus payants. Comme le dit le PDG d’Orange « on n’est pas juste une ambulance destinée à apporter à Canal+ des ressources qu’il n’aurait pas ».

Concrètement Orange va distribuer auprès de ses abonnés à la fibre l’offre Canal+ Essentiel (c’est-à-dire la chaîne cryptée, Canal+ décalé et MyCanal) jusqu’en 2020 sous un « modèle exclusif et de commercialisation directe ». Cela signifie que Canal+ délègue à Orange la facturation des abonnements (ce que la chaîne cryptée ne fait pas avec ses autres partenaires télécoms). L’idée est de bâtir des offres à des conditions tarifaires avantageuses. « Ce sera l’offre Canal+ Essentiel [20 euros par mois avec deux ans d’engagement, NDLR] la plus compétitive du marché, » a expliqué Maxime Saada, DG de Canal+ en marge de la présentation.

Fort de cet accord, Orange pense pouvoir doubler le nombre de ses abonnés à Canal+, à un total de 2 millions, et les attirer sur la fibre. Au total, l’opérateur aura investi 6 milliards d’euros sur cette technologie de très haut débit d’ici 2020 et qui représente aujourd’hui 1,6 million de clients chez lui. C’est un axe majeur de son développement et c’est la raison pour laquelle il lui réserve cette offre Canal.

Pour la filiale de Vivendi qui ne peut pas se permettre de perdre les droits de La ligue 1 de football français, qui vont être remis en jeu d’ici quelques mois pour l’après-2020, l’accord signifie un revenu minimum garanti par Orange, dont le montant n’a pas été dévoilé mais qui est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.

L’accord avec UGC, un géant de l’exploitation de salles français qui assure vouloir se renforcer dans la production, prévoit quant à lui que les 2,6 millions d’abonnés à OCS, les chaînes payantes d’Orange, obtiennent l’exclusivité des 5 à 6 films produits chaque année par la major française en contrepartie d’une participation au financement des films de la part de l’opérateur. Parallèlement, UGC confiera la distribution internationale de ses films à un nouveau département de ventes de Orange Studio.

Depuis une dizaine d’année, a expliqué Stéphane Richard, Orange investit 120 millions d’euros par an dans le cinéma en production et en distribution, notamment par le biais de Orange Studio. « On n’a pas attendu Altice, » dit Stéphane Richard. L’objectif est désormais de se diversifier dans des séries « ambitieuses ». Les 100 millions d’investissements seront étalés sur 5 ans et effectués avec des partenaires étrangers.

Au total 550 millions d’euros auront été investis par Orange dans les contenus télé en France en 2016 et cela va augmenter fortement dès cette année.

Enfin, l’accord avec la FNAC prévoit l’accès à une bibliothèque de 15.000 BDs numériques contre 10 euros par mois. Il sera complété d’un accès à des livres non illustrés fin 2018.

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Professeur de français, je suis également rédactrice pour Repha.fr. J'écris principalement pour la partie Immobilier qui m'intéresse particulièrement, mais il m'arrive aussi de poster sur d'autres sujets au gré de mes envies.