Les profits de Google en baisse à cause des sanctions européennes

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La rémunération des partenaires de Google, ainsi que l’amende de la Commission européenne, font chuter les marges d’Alphabet, sa maison-mère, au second trimestre.

Les résultats du second trimestre publiés par Alphabet lundi soir confirment une tendance observée au cours de deux périodes précédentes: la part des recettes de Google servant à rémunérer ses partenaires augmente. Alors que les profits d’Alphabet de mars à juin atteignent 3,52 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 26 milliards de dollars, en hausse de 21%, on voit aussi le géant californien rogner ses marges pour nourrir sa croissance insolente.

La principale activité d’Alphabet consiste à vendre des publicités sur les divers sites de Google. Elle a généré 22,67 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours des trois derniers mois. Mais 22% de cette somme collossale a été redistribuée sous forme de «coûts d’acquisition de trafic» à des partenaires comme Apple, Verizon ou Orange qui facilitent la fréquentation des applications de Google, comme YouTube ou Google Maps. Il y a un an, cette proportion n’était que de 21%.

Google pourrait faire Apple

Ruth Porat, directrice financière d’Alphabet, confirme que cette catégorie de coûts va continuer de grimper au cours des prochains trimestres. Elle n’en est pas inquiète pour autant. L’objectif de Google est de maximiser ses profits et son trafic et non pas d’accroître ses marges. De fait, Google rend compte d’une hausse agrégée spectaculaire de 52% du nombre de clics sur ses publicités rémunérées. Par ailleurs, le coût moyen d’un clic pour l’annonceur a chuté de 23%. Google parvient donc toujours par le biais d’une forte croissance à compenser la baisse du prix unitaire des publicités payées.

Reste que les profits trimestriels d’Alphabet plongent de plus de 28% par rapport à la même période l’année dernière. C’est en grande partie le résultat de la prise en compte par Alphabet de l’amende de 2,42 milliards d’euros que la Commission européenne veut imposer à Google. Cette dernière lui reproche d’avoir favorisé son comparateur de prix «Google Shopping» au détriment de sites concurents et du choix des consommateurs européens.

«Il est encore tôt dans notre analyse» de ce contentieux explique Ruth Porat. Alphabet estime ne pas avoir violé la loi européenne et envisage toujours de faire appel de cette décision. L’incertitude sur l’issue de l’affaire, ainsi que la possibilité d’autres sanctions de la part des autorités européennes à l’égard de Google, dont le logiciel Android équipe 80% des smartphones dans le monde, pèsent toutefois sur l’action d’Alphabet. Sur le marché de gré à gré, après la clôture des cotations lundi, le cours d’Alphabet a chuté de 3%.

mm

Gérant de ma société, je suis passionné par l’actu en général et je participe à la rédaction d’articles pour Repha dans les rubriques Economie et France.