PSG: «Ibra» hier, «Ney» aujourd’hui, Cavani en a marre d’être N.2

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Après l’ombre intimidante de Zlatan Ibrahimovic, au tour des éclairs éblouissants de Neymar… Edinson Cavani n’aura pas été longtemps la tête de gondole offensive du Paris SG et se retrouve à nouveau contesté, comme l’illustre la dispute avec le Brésilien dimanche.

«Edi» et «Ney» se sont querellés pour tirer un penalty contre Lyon (2-0), finalement manqué par l’Uruguayen. Dans d’autres rencontres, contre Saint-Etienne et le Celtic Glasgow, Neymar avait déjà approché Cavani, plus discrètement, pour frapper à sa place.

Dimanche, leur rivalité est apparue au grand jour, après un premier incident sur un coup franc. A la fin du match, l’Uruguayen a quitté la pelouse crispé, sans un regard pour les supporters ni un mot pour les médias. Dans son édition de mardi, le quotidien sportif L’Equipe rapporte même une «vive altercation» dans le vestiaire entre les deux hommes. «Le ton est monté d’un cran (…) il a fallu que des partenaires s’interposent pour éviter que la situation ne s’envenime», affirme le journal, tandis que la radio RMC parle d’une simple «discussion».

‘C’est dur’

Alain Roche, ancien joueur et dirigeant du PSG, «comprend totalement» la frustration de Cavani. «C’est dur, c’est lui qui tirait les penalties depuis un an et le départ d’Ibrahimovic. Je ne vois pas pourquoi ça changerait», estime-t-il.

Celui qui est désormais consultant pour Canal+ regrette que l’entraîneur Unai Emery n’ait pas clairement réglé la question des tireurs de penalty avant la rencontre. «Si vous laissez planer le doute, c’est sûr que Neymar va demander. Il le faisait déjà quand il avait 17 ans (à Santos). A Barcelone, il ne bougeait pas une oreille, il attendait que Messi lui donne le ballon. Car Messi était intouchable, alors que Cavani n’est pas intouchable à ses yeux».

Cavani pensait avoir suffisamment rongé son frein au service du géant Zlatan. Le Suédois parti, «El Matador» avait récupéré son poste préféré, avant-centre, et changé de statut la saison dernière, du haut de ses 49 buts en 50 matches. Il était enfin devenu le fer de lance de l’attaque parisienne, comme il l’était à Naples auparavant. Mais le mercato 2017 a fait entrer Paris dans une ère totalement nouvelle, celle de la star Neymar (25 ans) et de la nouvelle coqueluche Kylian Mbappé (18 ans), 402 millions d’euros à eux deux, contre 64 pour Cavani à son arrivée en 2013. Les deux transferts record de l’histoire attirent la lumière quand Cavani, 30 ans, est discret, peu enclin à se mettre en scène sur les réseaux sociaux.

Si «Ney» a quitté Barcelone, c’est aussi pour gagner le Ballon d’Or et empiler les buts, alors que Messi lui barrait la route en Catalogne.

‘Un joueur qui se sacrifie’

«Neymar est arrivé en tant que star et il estime qu’en tant que star il doit tirer les penalties. Ce qui m’embête le plus dans cette affaire, c’est que la réflexion est totalement individuelle au détriment du collectif», déplore Alain Roche.

Certes, Cavani est moins technique et fulgurant que Neymar, mais il reste «indispensable» au PSG, prévient le consultant. «Quand j’entends qu’il faut faire jouer Mbappé en pointe à la place de Cavani… Arrêtez ! Cavani c’est des buts, du travail, des appels, des espaces. C’est un joueur qui se sacrifie, qui court, fait des replis défensifs pour les autres. Il faut préserver ce garçon», souligne-t-il.

Dans d’autres clubs, la hiérarchie des tireurs est clairement établie, comme l’a laissé entendre Zinédine Zidane au Real Madrid, interrogé sur le sujet: «Nous préparons nos matches, nous savons qui va tirer les corners, qui va tirer les penalties. Mais je ne vais pas parler de ce qu’il s’est passé au PSG.» A Paris, il va falloir que l’entraîneur, voire le président Nasser Al-Khelaïfi, intervienne rapidement, juge Alain Roche. «Ca peut devenir une anecdote si c’est vite réglé. Si ce n’est pas réglé ces jours-ci ça peut devenir un vrai souci dans le vestiaire».

Selon le Parisien, une réunion est prévue mercredi entre les deux attaquants, Unai Emery et le directeur sportif Antero Henrique, avec parmi les pistes envisagées que «Neymar et Cavani tirent un penalty sur deux».

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Prof d’économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l’actu du moment.