La restructuration de Nokia suspendue après une réunion à Bercy

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L’équipementier télécoms finlandais Nokia a annoncé la tenue d’une réunion de suivi le 2 octobre avec le gouvernement et les syndicats sur son plan de suppression de près de 600 emplois en France.

Alors que les salariés français de la multinationale de télécommunication Nokia poursuivent ce mardi leur mobilisation contre les suppressions d’emplois à Lannion, le patron de la filiale française, Thierry Boisnon, s’est rendu à Bercy ce matin. Il a été reçu par le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, Benjamin Griveaux, pour s’expliquer sur ses arbitrages. A l’issue de cette rencontre, l’équipementier télécoms finlandais a annoncé la suspension de son plan de licenciement de 600 emplois en France jusqu’à la prochaine rencontre le 2 octobre avec le gouvernement et les syndicats.

«Une réunion de suivi est prévue le 2 octobre entre les représentants du gouvernement, la direction de Nokia et les partenaires sociaux. La procédure de consultation sur le plan de transformation est suspendue jusqu’à cette date» a déclaré la direction de Nokia France. Des déclarations qui font échos à celles du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, Benjamin Griveaux. Il y a une suspension du plan de sauvegarde de l’emploi à minima jusqu’à la tenue de cette réunion que je présiderai le 2 octobre à Bercy», a dit Benjamin Griveaux, un peu plus tôt ce matin.

Il ne s’agit pas d’une suspension de la procédure en tant que telle mais simplement d’un «report du début officiel de la procédure après la réunion tripartite», a précisé Pascal Guihéneuf (CFDT). Cela signifie que le délai de quatre mois pour la procédure du PSE ne commencera qu’après le rendez-vous du 2 octobre, et non ce mardi comme initialement prévu, a-t-il ajouté.

Déjà jeudi dernier,14 septembre, la direction de Nokia en France s’était entretenue avec les représentants des syndicats. Les salariés étaient venus à Bercy exposer la «duperie» de leur employeur. Ils avaient salué la «bonne écoute» du gouvernement, même si le secrétaire d’État n’avait fait aucune annonce particulière. Les syndicats étaient venus demander au gouvernement de «faire respecter la parole donnée».

Nokia a en effet annoncé le 6 septembre ces suppressions de postes, à réaliser d’ici 2019. Un plan de presque 600 postes auquel s’ajoutent 100 départs volontaires, selon la CFE-CGC. Quelque 400 postes avaient déjà été supprimés l’an dernier. Ce qui complique le dossier pour la direction France du groupe, c’est que Nokia s’était engagé à maintenir les effectifs à hauteur de 4.200 pendant deux ans et renforcer certains départements, lors du rachat d’Alcatel-Lucent en 2016. L’État a donc réagi vivement et se penche avec attention sur le dossier. Il faut dire que le ministre de l’Économie qui était à la manœuvre à l’époque du rachat d’Alcatel n’est autre qu’Emmanuel Macron.

Un «cas de dumping social»

Dans le détail, les embauches qui devaient être faites dans le secteur de la recherche et développement, pour porter son effectif à 2.500, n’ont pas été effectuées en totalité. Sur les 500 prévues, seule une centaine a été réalisée, selon les syndicats. Ces derniers voudraient que le plan social soit bloqué «tant que le niveau de 4.200 n’est pas atteint», a expliqué Claude Josserand (CGT), qui a évoqué un «cas de dumping social». Selon un des représentants, les effectifs actuels sont de 3941 salariés, déjà en deçà des engagements. Les emplois touchés (fonctions centrales et support) sont en passe d’être délocalisés dans des pays à bas coûts.

Au-delà de ces décisions, l’intersyndicale qui se mobilise depuis plusieurs jours bsur les sites de Lannion et de Paris-Saclay attend aussi des engagements sur la «pérennité de l’activité» en France et sur la «stratégie». «Le seul avenir qu’on nous offre aujourd’hui, c’est la 5G», aucun engagement «n’est tenu» par exemple «sur la cybersécurité», a souligné Frédéric Aussedat, représentant la CFE-CGC.

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Prof d'économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l'actu du moment.