Retour à l’école pour plus de 12 millions d’élèves

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Fini les vacances: plus de 12 millions d’élèves feront lundi leur rentrée, marquée cette année par des effectifs réduits dans les CP des quartiers défavorisés, le retour à la semaine de quatre jours pour un tiers des écoles et la mise en place d’évaluations.

Après deux mois de congés, les écoliers, collégiens et lycéens français vont reprendre le chemin de l’école, avec parfois l’angoisse de découvrir une nouvelle classe ou un nouveau professeur.

Les établissements ont déjà accueilli vendredi les 880.000 enseignants pour la traditionnelle journée de pré-rentrée, avec remise des emplois du temps, des listes de classes et des réunions des équipes.

Marie, professeur dans une école maternelle du 18ème arrondissement à Paris, se prépare depuis deux semaines «de manière assidue». Pour la première fois, elle aura un double niveau à sa charge avec des «moyens-grands»: «cela signifie que les activités seront dédoublées, et qu’il faut bien travailler en amont pour appréhender les enjeux et les objectifs», explique-t-elle.

Elle a veillé à aménager les différents espaces de sa salle de classe. «Le jour de la rentrée, les premières impressions des enfants seront très importantes: il faut créer un environnement bienveillant tout en faisant comprendre très vite qu’il y a des règles», relate-t-elle.

Pendant l’été, les différents rectorats ont œuvré à la répartition des élèves dans les classes. Ils ont notamment veillé à mettre en place une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron: des effectifs d’une douzaine d’élèves maximum dans les classes de CP des quartiers très défavorisés (REP+).

Selon le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, ce sera le cas dans 86% des 2.500 classes concernées. Pour les autres, il y aura deux maîtres dans la classe.

De nombreux enseignants pensent que le nouveau dispositif leur permettra d’appliquer une pédagogie adaptée aux besoins de chacun. Mais certains regrettent que la mesure se fasse au détriment d’un autre dispositif, le «plus de maîtres que de classes» (avoir un professeur en plus dans une école).

‘Désorganisation’

L’autre grande nouveauté est le retour à la semaine de quatre jours pour un tiers des écoles. C’est notamment le cas à Nice. D’autres grandes villes désireuses de revenir à la semaine de quatre jours, comme Marseille, ont annoncé qu’elles attendraient la rentrée 2018, faute de temps pour s’organiser.

«Les libertés qui ont été données aux communes ont engendré de la désorganisation», assure Liliana Moyano, la présidente de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, qui regrette «un manque de concertations».

«Dans de nombreux cas, les parents ont été mis devant le fait accompli», regrette Mme Moyano, qui redoute que des familles découvrent à la rentrée seulement les difficultés que pourraient engendrer ces nouveaux changements.

Les syndicats et parents d’élèves s’inquiètent aussi de la baisse annoncée des contrats aidés auxquels l’Education nationale a largement recours. Quelque 23.000 emplois supprimés étaient dédiés notamment à l’assistance des directeurs d’école.

Confrontées à des difficultés d’organisation, plusieurs municipalités, en métropole et outremer, ont décidé ou menacé de reporter momentanément la rentrée scolaire.

Reçus vendredi par M. Blanquer, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard et le directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, les responsables de plusieurs associations d’élus locaux ont souligné «l’urgence de régler toutes les situations locales pour assurer le bon déroulement de la rentrée scolaire».

La rentrée verra aussi le retour d’évaluations, en français et en maths, dès le mois de septembre pour toutes les classes de CP, et courant novembre pour les classes de sixième. «Une fausse bonne idée», pour la FCPE qui redoute que ces tests génèrent du stress.

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Prof d’économie et gestion, je rédige des articles pour economie-news dans toutes les rubriques du site selon l’actu du moment.