La SNCF doit encore faire des efforts en termes de ponctualité

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Un rapport commandé par la direction de l’entreprise ferroviaire pointe les dysfonctionnements à tous les niveaux dans l’organisation du groupe. La SNCF veut mettre en œuvre des changements dès 2018.

La direction de la SNCF ne s’attendait certainement pas à des éloges en commandant un audit sur la ponctualité de ses trains. Les résultats, publiés en fin de semaine par l’entreprise ferroviaire, sont effectivement très loin d’être dithyrambiques. Chargés par la direction de l’entreprise ferroviaire d’évaluer la capacité de l’opérateur à assurer son service et ses horaires même en cas d’imprévus (arbre sur la voie, colis suspect, phénomènes climatiques…), les experts sollicités ont dressé un tableau assez peu reluisant de la situation.

Processus industriels pas assez rigoureux, formation insuffisante, nombre de trains annoncés supérieurs à ce que le réseau peut supporter, organisation trop cloisonnée: pour ces experts internationaux, certains issus de la SNCF, d’autres indépendants, des «dysfonctionnements» existent sur le réseau ferroviaire français. Quant au respect strict des horaires, cela «devrait être, un objectif professionnel commun à tous», affirme le rapport cité par le quotidien Le Monde. Celui-ci relève que, de fait, la ponctualité apparaît parfois aujourd’hui comme secondaire.

Toujours d’après le quotidien du soir, les experts pointent l’obsolescence des outils informatiques «de facture ancienne» incompatibles entre eux et aux «interfaces peu engageantes» ainsi que la fragmentation des responsabilités «tout au long de la chaîne managériale, rarement en cohérence avec le processus». Ils déplorent aussi que le haut management n’ait pas conscience «coût d’une minute perdue». Pourtant, selon les chiffres publiés en mars dernier par l’Autorité de la qualité de service dans les transports, le nombre de minutes perdues par l’entreprise du fait des retards atteint deux milliards par an. Enfin les plans d’amélioration lancés par l’entreprise, trop complexes dans leurs objectifs et leur mise en place, sont inefficaces.

SNCF réseau responsable de la grille horaire

«Un rapport d’audit ce n’est pas là pour faire plaisir. Cela peut même faire des reproches», a admis Guillaume Pepy, qui a commenté jeudi les conclusions des experts. Le patron de la SNCF s’est cependant voulu constructif: «Le plus important est que nous disposons maintenant d’un outil qui, par ses critiques constructives, va nous permettre d’avancer», a-t-il assuré, rappelant néanmoins la complexité de la tâche de l’opérateur ferroviaire, soit faire rouler 17.000 trains et transporter près de 4 millions de voyageurs par jour.

«Nous ne sommes pas en présence d’une situation de crise qui nécessiterait de tout remettre en question, ni face au besoin de repartir d’une feuille blanche», nuancent cependant les experts qui formulent des recommandations pour améliorer la situation d’ici à 2022. La principale serait de faire de SNCF Réseau, l’établissement chargé des infrastructures et qui par conséquent dispose de toutes les informations sur les 1500 chantiers en cours sur les voies, le responsable de la grille horaire. Le rapport estime aussi qu’il faudrait mettre en œuvre une organisation par ligne plutôt que de maintenir une organisation régionale actuelle.

Des propositions accueillies favorablement par la SNCF. Elles seront d’ailleurs présentées lors des deux conseils d’administration et au conseil de surveillance du groupe avant la fin du mois de juillet, pour une mise en œuvre au premier semestre 2018.

mm

Gérant de ma société, je suis passionné par l’actu en général et je participe à la rédaction d’articles pour Repha dans les rubriques Economie et France.