Sony prêt à relever le défi d’un bénéfice opérationnel inédit en 20 ans

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Le PDG de Sony, Kazuo Hirai, s’est montré confiant mardi dans la capacité du fleuron nippon de l’électronique de dégager cette année comptable un bénéfice opérationnel d’un niveau inédit en 20 ans.

Sony vise un bénéfice d’exploitation de 500 milliards de yens (4 milliards d’euros), ce qui le rapprocherait de son record de 1997 (525,7 milliards).

«C’est un important défi pour l’entreprise et ses salariés mais nous avons la capacité de le relever», a déclaré M. Hirai lors d’une conférence de presse à Tokyo.

«Je suis PDG depuis 5 ans et nous sommes de nouveau en forme, nous avons redressé le tronc de l’entreprise qu’est l’électronique grand public», ce que d’aucuns jugeaient difficile, arguant que ce secteur était à bout de souffle, «mais j’ai toujours pensé qu’il y avait encore des marges d’innovation y compris dans le domaine du matériel», a insisté M. Hirai.

Sous sa houlette, un important tri a été effectué dans les activités (avec notamment la cession des PC Vaio ou des batteries rechargeables lithium-ion), et toutes ont été restructurées.

Dans les TV par exemple, là où l’enjeu paraissait le plus ardu, les bénéfices sont de retour «grâce à une gamme plus resserrée vers le haut et une concentration sur certains marchés». Le modèle de production a été aussi revu.

Le jeu vidéo est devenu la locomotive du groupe, avec un succès sans précédent pour la console de salon PlayStation 4 et la plateforme en ligne PlayStation Network «qui accueille 70 millions d’utilisateurs actifs chaque mois», selon M. Hirai.

Sony espère un cumul de ventes de 78 millions de PS4 à la fin de l’année, soit près de 20 millions par an en moyenne depuis sa sortie fin 2013.

Objectif rentabilité durable

Dans le domaine des appareils photo, «le marché s’est considérablement amoindri», mais Sony a choisi de s’en tenir à une ligne de produits réduite avec des modèles plutôt haut-de-gamme qui lui ont donné une grande notoriété auprès des amateurs avertis et professionnels, même si la société créée par Akio Morita n’avait pas originellement de compétences dans l’optique.

Là où le bât blesse encore en revanche, et M. Hirai le reconnaît, c’est dans le domaine des smartphones «où les changements vont très vite», mais Sony va persister car ils sont un maillon essentiel qui lie l’utilisateur à l’univers numérique, selon le patron du groupe.

Dans le cinéma aussi, Sony admet quelques faiblesses à corriger rapidement.

Le groupe a vécu des années très difficiles surtout depuis la crise financière de 2008/2009 et après la triple catastrophe de mars 2011 au Japon, mais l’exercice passé a montré une nette amélioration. «Nous devons désormais être une entreprise qui dégage des bénéfices élevés de façon continue», a déclaré mardi M. Hirai.

Les acteurs de la Bourse de Tokyo ont certes bien accueilli ses propos, mais attendaient peut-être davantage de précisions chiffrées pour les années à venir. L’action a modestement progressé de 0,35% à 3.957 yens.

Sony a réduit son envergure et supprimé du même coup plusieurs dizaines de milliers de postes, essentiellement par la cession d’activités, tout en gardant l’électronique grand public comme pilier, contrairement à d’autres sociétés nippones comme Panasonic, Toshiba ou Hitachi qui ont choisi d’en diminuer considérablement la place au sein de leurs portefeuilles de compétences.

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Gérant de ma société, je suis passionné par l'actu en général et je participe à la rédaction d'articles pour Repha dans les rubriques Economie et France.