Tati: les élus du personnel demandent un délai pour que les repreneurs relèvent leurs offres

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Les représentants des salariés de Tati ont refusé vendredi de se prononcer sur les offres de reprise, jugées trop «basses», et vont demander lundi au tribunal de commerce un délai pour que les repreneurs améliorent leurs offres, a indiqué à Repha.fr la CGT, premier syndicat.

Le pôle Agora Distribution (groupe Eram), qui regroupe les enseignes Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif’Mania (140 magasins au total), a été placé en redressement judiciaire le 4 mai.

Trois offres de reprise sont sur la table: celle d’un consortium de cinq enseignes (dont la Foir’Fouille) et celle du groupe GPG (Gifi), qui proposent tous deux de reprendre environ 1.300 salariés et respectivement 95 et 120 magasins du groupe Agora (dont 93 détenus en propre et 27 franchisés pour GPG). La troisième offre, émanant de Babou, porte sur 6 magasins.

Les trois comités d’entreprise des sociétés composant le pôle Agora Distribution réunis vendredi pour examiner les offres ont affiché des positions différentes.

Celui de Tati-Lilnat, qui rassemble les magasins Tati et 1.300 des 1.700 salariés du pôle, a «refusé de se prononcer sur les trois offres de reprise» car «on ne veut pas être bradés», a rapporté à Repha.fr Nicole Coger, déléguée CGT (46% de cette entité).

En revanche, les CE de Vetura (Fabio Lucci) et d’Agora (pour le siège) ont «donné un avis favorable à l’offre de Gifi», selon Tahar Benslimani (CFDT), la «seule» permettant selon lui «de garder l’enseigne Tati, le siège et la logistique».

Le CE de Tati-Lilnat va demander lundi au tribunal de commerce de laisser un temps supplémentaire pour que les repreneurs améliorent leurs offres, a précisé Nicole Coger (CGT).

Les représentants du personnel souhaitent que les offres soient remontées pour financer le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui prévoit parallèlement près de 300 licenciements, a-t-elle ajouté.

Jugeant les mesures d’accompagnement du PSE très insuffisantes, la CGT ne signera pas le projet d’accord proposé par la direction. Idem pour la CFDT, car «il n’y a rien dedans, Eram a mis zéro euro, c’est honteux», a estimé M. Benslimani, son représentant.

Par ailleurs, l’offre complémentaire de Dépôt Bingo, sous-traitant de Tati, qui a rejoint cette semaine le consortium «ne devrait pas être retenue», car présentée «hors délai», selon la représentante CGT-commerce de Paris Céline Carlen.

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l'info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.