Très Haut Débit : l’Etat enjoint les opérateurs à aller plus vite en s’appuyant sur la 4G

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Face à « l’impatience numérique » de nos concitoyens, le gouvernement entend faire du très haut débit une priorité absolue, il s’agit donc de tenir l’objectif d’un accès THD pour tous en 2022, tel que le plan initié il y a 8 ans le prévoit.

Pour autant, de nombreux débats agitent aujourd’hui le secteur : répartition des déploiements dans certaines zones, domination d’Orange, question du mix technologique… Et alors que la date fatidique approche, le gouvernement (précisément Edouard Philippe, Premier ministre, Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat chargé du Numérique et Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires) a tenu a exercer une amicale pression sur les opérateurs en les convoquant vendredi dernier.

L’idée était de faire un point sur les déploiements et surtout de mettre en place les leviers pour accélérer. A l’issue de cette réunion de travail, « le gouvernement a demandé aux opérateurs d’accélérer le déploiement des réseaux fixe et mobile et de définir une feuille de route détaillée dès septembre permettant d’atteindre l’objectif fixé par le gouvernement ».

Le mot important dans ce communiqué est « mobile ». Le gouvernement entend que les opérateurs accélèrent autour des technologies 4G comme alternative à la fibre dans les zones où elle mettra beaucoup de temps à arriver si elle arrive un jour. Selon une étude de l’Idate, en 2022, 20% des prises seraient associées à ces « autres technologies », un taux qui montera à 47% en zones d’initiative publique.

Le principe du « mix technologique » n’est pas nouveau, mais pragmatique, Matignon souhaite que ce relais soit plus rapidement mis en place pour calmer cette fameuse impatience.

Le ministère de la Cohésion des Territoires souhaite ainsi qu’une « attention particulière sera également portée à la visibilité et à la prévisibilité des déploiements filaires et mobiles 4G, afin que soit mis en place un observatoire unique de la couverture numérique, actualisé par trimestre ».

Il s’agit avant tout de privilégier la 4G filaire ou boucle locale radio TD/LTE. Cette dernière est nativement fixe et s’appuie sur un réseau dédié, avec des sites dédiés, ce qui fait toute la différence notamment en termes de débits stables. Mais pour cette solution se généralise, il faut libérer des fréquences.

« Nous allons ouvrir dès ce mois de juillet 40 Mhz dans la bande des 3,5 Ghz pour des solutions de THD radio avec ouverture d’un guichet au fil de l’eau en septembre, nous espérons délivrer les première autorisations dès la fin de l’année », précisait Sébastien Soriano, président de l’Arcep lors des dernières Assises du THD. Précisions que des expérimentations ont déjà eu lieu avec succès, notamment en Seine et Marne.

Le régulateur n’est pas contre la montée en puissance de cette technologie. Mais il souhaite de la transparence. « On peut se dire que le THD par boucle locale radio TD-LTE, ce n’est pas de la 4G, on peut parler de RTTH par exemple (Radio to the home). Il faut être clair dès le départ pour ne pas générer de déceptions, on parle bien de technologie hertzienne », lance le responsable. A ne pas confondre donc avec la 4G mobile dédiée au fixe comme le propose Bouygues Telecom avec sa 4G box.

En attendant, ce choix de pousser les technos alternatives ulcère certains élus comme Laure de la Raudière (LR) : « Le très haut débit, ce n’est pas la radio ou le satellite mais la fibre optique. A l’arrivée, avec ce mix technologique, on ne fera que prendre du retard face aux usages. Il faut la même expérience pour tous les concitoyens. L’impatience est à son comble mais un THD à plusieurs vitesses ne fera que renforcer les inégalités numériques du territoire. ».

mm

Comptable en entreprise, je suis de très près l'info économique et je la partage en écrivant des articles pour le site Repha.fr.