Les ventes de PSA patinent toujours

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Si Peugeot se porte correctement, Citroën et surtout DS reculent fortement. Le groupe espère récolter le fruit de ses nouveaux lancements de voitures au second semestre.

Heureusement qu’il y a l’Iran. Les ventes de PSA ont légèrement progressé au premier semestre de l’année grâce au redémarrage de sa production sous licence en Iran, qui a compensé l’effondrement des volumes en Chine. Le constructeur automobile français a vendu 1,58 million de véhicules dans le monde entre janvier et juin, contre un peu plus de 1,54 million à la même période en 2016 . La marque Peugeot a enregistré une hausse de 15 % de ses ventes (grâce à l’Iran), tandis que Citroën recule de 12 % et DS de… 46 %.

Le groupe automobile sauve toutefois la mise grâce aux véhicules utilitaires, qui confirment leur bonne dynamique, et surtout à la zone Moyen-Orient et Afrique, où ses ventes ont plus que triplé, à 277.931 unités (+217,93%) – grâce aux 207.900 véhicules produits en Iran sous licence Peugeot chez Iran Khodro. Sans cela, PSA afficherait une baisse de plus de 10 % de ses ventes.

Recul en Europe

En Europe, de loin le premier marché du groupe, les facturations ont baissé de 2 %, avec 1,03 million d’unités écoulées. Pour Jean-Philippe Imparato, le patron de Peugeot, la glissade résulte d’un « déstockage » (il a fallu achalander les concessions pour accompagner les lancements du Peugeot 3008 ou de la nouvelle Citroën C3), et de la volonté – de rigueur dans le groupe depuis trois ans – de privilégier la marge au volume.

« Peugeot reste en ligne sur son objectif de 2 millions d’unités vendues en 2017. Notre portefeuille de commandes est en hausse de 72 % par rapport à l’an dernier, cela augure d’un très bon second semestre », assure le dirigeant, qui dit profiter d’un « effet de halo » provoqué par les bons débuts du Peugeot 3008, qui pèse 30 % des ventes (205.000 commandes depuis l’automne dernier). D’ici à la fin de l’année, PSA commercialisera en sus une nouvelle version de la Peugeot 308 et un petit SUV Citroën, le C3 Aircross, sur le Vieux Continent.

Casse-tête chinois

De l’autre côté du globe, la Chine demeure un sérieux problème pour Carlos Tavares et son état-major. « En Chine, il y a trois sujets, concède Jean-Philippe Imparato. lI nous fallait des SUV, nous avons une gamme complète depuis juin. Nous devons aussi restructurer notre réseau pour l’adapter à la concurrence qui s’accroît, et baisser nos stocks, qui étaient jusqu’à récemment de deux ou trois mois », détaille le dirigeant du Lion, qui assure que le groupe a entamé son rebond et « commence à limiter la casse » sur place.

En attendant, les ventes chinoises ont dévissé de 49 % en un an, à 152.380 unités. Et l’objectif du million de véhicules vendus dans la zone en 2018 paraît peu accessible pour le moment. Face à ce constat, PSA s’est résolu à reconfigurer une partie de son appareil industriel chinois. En juin, la coentreprise avec Changan a été recapitalisée, et son usine de Shenzen, dédiée à DS, va produire des véhicules pour le partenaire chinois.

Nous refusons la guerre des prix.

Là-bas, la marque premium de PSA a sombré, ne plaçant que 3.157 voitures à des clients chinois… « En tant que jeune marque, nous refusons la guerre des prix », explique Yves Bonnefont, le patron de DS, qui avoue « souffrir sur les volumes ». Sa marque n’a vendu que 28.000 voitures en six mois, une chute de 46 %. « Nous savions que 2017 allait être une année de transition avant l’arrivée de notre nouvelle génération de voitures », ajoute le dirigeant, qui attend beaucoup de la constitution de son réseau propre. « Aujourd’hui, les concessionnaires Citroën ne vendent qu’une DS de temps en temps. Ils n’ont pas l’habitude de recevoir un client premium et de parler de nos produits », dit-il.

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d’actualités Repha.fr notamment dans les rubriques économie et finance.