Zone euro: petite baisse du chômage, l’inflation stagne

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Le taux de chômage dans la zone euro a légèrement reculé en juin à 9,1%, tandis que l’inflation est restée stable, largement en dessous de l’objectif de la BCE qui devrait rester prudente selon les analystes.

«Si les chiffres du chômage de juin brossent une image positive du marché du travail de la zone euro, les chiffres de l’inflation en juillet confirment que cette dynamique doit encore générer une pression inflationniste», observe Jennifer McKeown, de Capital Economics.

Le taux de chômage a atteint en juin son taux le plus faible depuis février 2009, selon l’Office européen des statistiques Eurostat.

En baisse par rapport à mai (9,2%), il est un peu meilleur que celui anticipé par les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur 9,2%. Il était repassé en septembre 2016 sous le seuil symbolique de 10,0% et ne cesse de reculer depuis.

Le taux d’inflation annuel des 19 pays ayant adopté la monnaie unique est quant à lui conforme à ce qu’avaient anticipé les analystes de Factset. La hausse des prix de l’énergie a un peu accéléré (2,2%, contre 1,9% en juin) après un fort ralentissement (elle avait atteint 4,5% en mai et 7,6% en avril).

Une inflation légèrement inférieure à 2,0% sur un an est considérée par la BCE comme un signe de bonne santé de l’économie, car cela correspond selon elle à la définition de la stabilité des prix.

L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a légèrement progressé, pour se porter à 1,2% en juin, contre 1,1% en juin.

«Les partisans d’une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) ne devraient pas être trop encouragés par la hausse de l’inflation sous-jacente, car il y a peu de raisons qu’elle s’améliore dans les mois à venir», estime Bert Colijn, d’ING.

A l’inverse, Jennifer McKeown envisage une possible poursuite de la hausse à l’avenir «étant donné la bonne santé recensée de l’activité économique».

«Mais notons qu’il n’y a toujours que peu de marge sur le marché du travail et pas de preuve tangible que la hausse des salaires accélère depuis celle enregistrée au premier trimestre», ajoute cependant l’économiste. Ainsi pour Mme McKeown, si la BCE «semble prête à réduire ses achats d’actifs l’année prochaine», une hausse des taux d’intérêt reste en revanche «une perspective éloignée».

Dans le détail, la baisse constante du chômage cache des disparités entre les 19 pays qui ont adopté la monnaie unique. Les taux sont très faibles en Allemagne (3,8%), en République tchèque (2,9%) et à Malte (4,1%), mais restent élevés en Grèce (21,7% en avril, dernier chiffre disponible), ainsi qu’en Espagne (17,1%).

Le chômage des jeunes reste par ailleurs très important dans ces deux pays –45,5% en Grèce, 39,2% en Espagne– ainsi qu’en Italie (35,4%), alors qu’il n’est que de 6,7% en Allemagne.

Dans l’ensemble de l’Union européenne, le taux de chômage s’établit à 7,7%, un chiffre stable par rapport à mai. Ce taux est le plus faible enregistré depuis décembre 2008.

En France, le chômage est resté inchangé, à 9,6% en juin, comme en mai.

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d’actualités Repha.fr notamment dans les rubriques économie et finance.