Facebook, les ingénieurs en mission de nettoyage

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C’est depuis le scandale de la collecte de données de millions d’utilisateurs de Facebook par la Cambridge Analytica que la firme de Mark Zuckerberg s’est lancée dans une croisade contre les fausses nouvelles et les comportements qui visent à manipuler l’opinion publique.

En effet, la plateforme permet une diffusion massive d’informations, grâce à son réseau social constitué de plus de deux milliards d’utilisateurs. C’est dans ce sens que le géant a annoncé avoir supprimés des centaines de faux comptes qui auraient été utilisés pour des campagnes d’influence opposant des pays du Moyen-Orient.

Facebook n’a d’ailleurs pas été le seul outil de ce type de campagne. Au Canada, des chercheurs du Citizen Lab de l’Université de Toronto avaient également mis à jour un réseau de désinformation iranien à travers des faux comptes Twitter.

Facebook, un réseau publicitaire mondial

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Bénéficiant du plus grand réseau d’utilisateurs mondial, Facebook est devenu l’outil privilégié pour de nombreuses stratégies de communication. En dehors du commerce, la politique tient également une place privilégiée dans l’utilisation de cette plateforme.

Les solutions payantes permettant d’optimiser la visibilité des pages et des publications ont notamment accentué cette tendance. En effet, les publicités émises sur Facebook peuvent atteindre des millions d’internautes en quelques heures.

Conflits au Moyen-Orient : des faux comptes de presses Facebook désinforment le public

C’est le directeur de la cybersécurité de Facebook, Nathaniel Gleicher, qui a déclaré avoir supprimé du réseau un grand nombre de faux comptes qui étaient en lien avec le régime saoudien. Durant cette opération de nettoyage, les ingénieurs ont en effet identifié une opération venant de l’Arabie Saoudite, ainsi qu’une autre émanant d’Egypte et des Emirats arabes unis. Les comptes qui ont été supprimés avaient été créés sur la base de fausses identités pour éviter les soupçons.

La plupart d’entre eux étaient dissimulés sous des profils de fausses agences de presse. Ceux qui étaient en relation avec le gouvernement saoudien diffusaient entre autre des articles qui tentaient d’améliorer l’opinion du public sur le prince Mohammed ben Salmane, le dirigeant actuel du régime. Ils présentaient la vision politique et ses succès militaires sous un angle favorable.

D’autres articles avaient par contre pour vocation de donner une mauvaise opinion, et d’accuser d’autres pays du Moyen-Orient et du Maghreb. En effet, il est à préciser que le Qatar est victime d’un embargo initié par l’Arabie saoudite, les Emirats, le Bahreïn et l’Egypte, depuis l’année 2017. Entre autre, les faux comptes saoudiens visaient le Qatar, la Turquie et l’Iran.

Facebook, un canal privilégié pour les fausses informations

Lors de leurs campagnes, les fausses pages saoudiennes avaient déjà acquis une audience de plus de 1,4 millions de comptes sur le plus grand réseau social mondial. Les pages égyptiennes et arabes avaient, quant à elles, atteint 13,7 millions d’abonnés. La rapidité de la stratégie de communication avait bénéficié d’un investissement de 108 000 USD en matière de publicité Facebook. Cela témoigne de l’énorme potentiel de la firme de Mark Zuckerberg à cibler et à atteindre les utilisateurs.

Au total, 800 comptes, 217 pages, 5 groupes et de nombreux évènements ont été supprimés du réseau. Parmi les investigateurs de ces campagnes, les ingénieurs ont identifié la société égyptienne New Waves et Newave des Emirats, toutes les deux œuvrant dans le secteur du marketing. Les comptes arboraient des noms de presses locales.

Facebook renforce sa politique de cybersécurité

Les campagnes visant à manipuler le public ne se sont pas uniquement multipliées sur Facebook. En effet, 31 comptes Instagram avaient aussi été identifiés et supprimés. L’ampleur de la campagne commençait également à déborder au niveau des relations internationales entre les USA et ses alliés, ainsi que d’autres pays.

Certains comptes abordaient même des sujets d’ordre politique et se ramifiaient vers des comptes Twitter. A noter que Facebook a entamé ces suppressions de comptes frauduleux depuis le mois d’octobre 2018.

Facebook en alerte face aux élections de mi-mandat

L’approche des élections présidentielles américaines incite Facebook à prendre des mesures sévères pour éviter de voir des campagnes de désinformation sur son réseau. La firme travaille entre autre avec des agences de sécurité comme FireEye pour identifier ces menaces et mener des enquêtes.

Parmi les comptes supprimés prétendaient être des journalistes, des agences de presse et des organisations célèbres. Aussi bien les comptes Facebook que Twitter bénéficiaient d’une bonne conception pour tromper plus facilement les internautes. En effet, en dehors des articles et des publications de presse, ils mettaient également en œuvre des interviews vidéo d’hommes politiques et de personnalités américaines. Ces interviews étaient proposées depuis les faux comptes pour avoir la confiance des personnalités qui étaient conviées.

Par ailleurs, la manipulation de l’opinion publique a été dangereusement ciblée par deux faux comptes en particulier. Ces derniers usurpaient les identités de deux candidats aux élections américaines de mi-mandat. La désinformation réalisée par ces faux comptes iraniens a pris une plus grande ampleur, lorsque des agences de presse américaines ont commencé à reprendre leurs publications pour les diffuser à leurs tours. Les titres concernés traitaient particulièrement de la politique du président américain Donald Trump et de sa position par rapport à la République islamiste iranienne.