Vinted suivi de près par les enseignes traditionnelles dans le marché de seconde main

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Selon les prévisions de Cowen & Co, la banque d’investissement, le marché du prêt-à-porter va être rapidement dépassé par le nouveau secteur des articles de seconde main. En effet, ce dernier serait amené à s’élargir 10 à 15 fois plus rapidement dans les années à venir. Le potentiel de ce marché a notamment permis à TherdUp de lever 100 millions de dollars au mois d’août pour financer sa croissance.

Parmi les principaux investisseurs qui ont contribué à ce financement se distingue, entre autre, Goldman Sachs Investment Partners. Pour sa part, Vinted a réussi à collecter plus de 119 millions de dollars de fonds de financement depuis son lancement. Bien que ce nouveau secteur d’activité basé sur la revente entre particuliers démontre son lot de complexité, les marques traditionnelles veulent également profiter de leurs parts de marché.

Le succès de Vinted attire les marques traditionnelles

Vinted est, durant le second trimestre, classé 10ème dans le classement des sites e-commerces les plus visités dans l’Hexagone. Cette entreprise lituanienne s’est imposée sur la revente de produits de seconde main, un nouveau secteur favorisé par l’essor de la vente en ligne. Ce marché profite notamment d’une forte ascension, alors que celui du prêt-à-porter traditionnel s’essouffle depuis une décennie.

L’essor du marché de seconde main au dépend des produits neufs

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Selon les enquêtes de l’Institut Français de la Mode, le marché du prêt-à-porter a dévalué de 15% depuis 2008. Au second trimestre 2019, les chiffres ont dévoilé une contraction de 1,3% par rapport à 2018. Le fait est que les consommateurs achètent moins de vêtements neufs, malgré les promotions continues réalisées par les enseignes de la mode.

D’ailleurs, l’IFM dévoile aussi qu’en 2018, 40% des consommateurs ayant déclaré avoir réduit leurs achats de vêtements évoquent le respect de l’environnement et des raisons d’éthique, tandis que 60% évoquent des raisons économiques. Cette situation dévoile surtout un changement de mentalité concernant la consommation de la mode, qui favorise le marché de seconde main, dont le marché est estimé à 1 milliards € en France.

Celui-ci profite notamment de l’essor du commerce de mode en ligne qui représente 17,2% des dépenses des cyberacheteurs. Selon l’IFM, 46,2% des Français ont acheté des vêtements sur internet en 2018. Dans le secteur des articles de seconde main, il s’avère que ce sont surtout les moins de 35 ans qui s’orientent vers ce nouveau marché. En particulier, cette tranche de consommateurs permet à Vinted d’engranger 47% de son chiffre d’affaire.

Les marques traditionnelles investissent le secteur de la revente

Vu l’essor que connaît le marché des vêtements de seconde main, il n’est pas surprenant que Kiabi, Cyrillus et d’autres marques plus traditionnelles veulent aussi s’y lancer. C’est ainsi qu’en 2017, le site Seconde Histoire a été lancé par Cyrillus, pour proposer aux particuliers d’y revendre leurs vêtements achetés auprès de la marque. Les particuliers peuvent ensuite percevoir leurs profits en espèces ou choisir des montants plus élevés avec des chèques cadeaux de fidélisation, valables sur le site.

Dans cette lignée, Camaïeu a également lancé sa plateforme de revente d’articles de modes en 2018. Les consommateurs y profitent d’un service gratuit, dont l’objectif est surtout d’accroître les visites en magasins. En effet, les articles de seconde main doivent être déposés en points de vente par les revendeurs, puis les acheteurs doivent aussi y venir les récupérer.

Par ailleurs, le leader du prêt-à-porter français Kiabi vient également d’annoncer que son site de vide dressing sera également opérationnel d’ici peu. Ce projet fait partie d’un programme plus large nommé Kiabi Human, qui s’articule autour d’initiatives écologiques, comme les vêtements au coton bio et les jeans délavés au laser.

Le défi du marché de seconde main : la lutte contre les contrefaçons

Actuellement, le secteur de la revente de vêtements de second main est encore assez large pour qu’aussi bien les sites comme Vinted ou les marques traditionnelles, comme Kiabi, puissent chacun en profiter. Cependant, il s’avère que Vinted soit particulièrement favorisé par les changements de mentalité liés aux facteurs économiques et écologiques.

Cependant, l’un des principaux critiques vis-à-vis des sites des marques traditionnelles, comme Kiabi, concerne les pratiques déloyales que les revendeurs pratiquent entre eux, sur la base de la politique de lutte contre les contrefaçons. En effet, de nombreux utilisateurs ont vu leurs comptes être bloqués, à la suite des fausses dénonciations faites par d’autres. Les désagréments occasionnés par de tels abus de dénonciation peuvent favoriser des plateformes plus spécialisées, comme Vestiaire Collective, pour les articles dont la valeur s’élève à plusieurs centaines, voire milliers d’euros.

Vinted a, pour sa part, annoncé avoir développé un algorithme qui évite aux vendeurs d’être sanctionnés sur l’unique base des dénonciations par d’autres membres. Cependant, 37% des utilisateurs interrogés ont déclaré avoir déjà été escroqués par des revendeurs de contrefaçons. Actuellement, ces produits illégaux coûtent 60 milliards € par an à l’Europe. Le fléau affecte de plus en plus le secteur des vêtements, chaussures, accessoires, cosmétiques et produits de soins.